L’Observatoire de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques, qui a pour mission de contribuer à résoudre le problème des tensions récurrentes induites par les ruptures en médicaments, a été installé hier à Alger. C’est un nouveau-né dans le secteur qui cherche encore la meilleure formule pour garantir aux malades la disponibilité des produits pharmaceutiques.

Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Lotfi Benbahmed, qui a présidé la cérémonie d’installation de l’Observatoire, a fait savoir que cet organisme doit assurer une disponibilité des produits pharmaceutiques, notamment grâce à une plateforme numérique dédiée à rassembler les informations et les rendre disponibles aux différents acteurs de la santé.
«L’objectif de l’Observatoire est de proposer des mesures visant à lever toute difficulté ou tension d’approvisionnement affectant les produits pharmaceutiques et de proposer toute mesure visant à garantir la disponibilité des produits pharmaceutiques dans le cadre de la stratégie établie par le ministère», a expliqué le ministre. L’une des nouveautés de cet observatoire, a-t-il souligné, est la mise à contribution des prescripteurs (les médecins) en plus des pharmaciens d’officine, des distributeurs, des producteurs et des importateurs. «Le prescripteur doit être informé des causes exogènes de rupture de stock afin d’orienter sa prescription», a-t-il estimé.
L’Observatoire, qui sera présidé par Réda Belkasmi, rassemble des représentants de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP), des producteurs, des distributeurs, des syndicats, des fédérations, des associations et les Ordres des médecins et des pharmaciens.
S’agissant de la rupture de stock qui a fait beaucoup parler d’elle cette année, le ministre a expliqué que c’est une «problématique courante à travers le monde et ne concerne pas forcément les médicaments onéreux». «Il faut aussi savoir que 70% à 80% des ruptures de stock à travers le monde concernent des médicaments pas chers car ils n’intéressent pas les opérateurs, importateurs ou producteurs, du point de vue de la disponibilité de ces produits», a fait observer le ministre. Ce dernier a indiqué, par la même occasion, qu’une première liste officielle des médicaments indisponibles ou connaissant une tension sur les stocks sera transmise aux prescripteurs (médecins). «Cette liste sera actualisée de manière mensuelle pour que les prescripteurs puissent orienter leurs prescriptions vers des médicaments disponibles», a-t-il noté.
Par ailleurs et selon le ministre, une réflexion sera également entamée sur la formation des prescripteurs pour que la prescription de certaines classes thérapeutique s’oriente vers les médicaments produits localement. «L’objectif est de préserver notre système de santé. Il s’agit donc de rationaliser la facture d’importation sans remettre en cause notre système de prise en charge des malades», a-t-il expliqué.
Mais à en croire le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo), le marché officinal souffre de rupture, liée, en particulier, à la défaillance dans le trio de la chaîne, à savoir l’importation, la production et la distribution. Le syndicat parle d’une rupture persistante aggravée par la pandémie de coronavirus. Si le ministère de tutelle parle d’une rupture d’une centaine de médicaments, le Snapo a recensé, de son côté, près de 300 médicaments et une centaine de DCI (Dénomination commune internationale) en rupture. n