Mardi 12 juillet, l’Office algérien interprofessionnel des céréales, l’OAIC, a fêté les soixante ans de sa création. Depuis cette date, l’Office a connu bien des changements et assisté à bien des bouleversements tant à l’échelle interne qu’internationale. Le plus saillant de ces mutations est la dépendance de l’Algérie du marché mondial des céréales, le pays étant considéré aujourd’hui parmi les plus gros acheteurs de blé à l’échelle du continuum Moyen-Orient-Afrique du Nord ou région Mena. Après l’Egypte, un pays de près de 100 millions d’habitants, qui est l’un des plus gros acheteurs de blé, l’Algérie, proportionnellement au nombre de ses habitants, plus de 40 millions, est classé en haut du tableau des clients des producteurs céréaliers dans le monde.
Selon le secrétaire général de l’Office, chargé de fonctions du directeur général, Nacerddine Messaoudi, l’OAIC fait face à cette situation en s’attaquant à deux fronts : la diversification des sources d’approvisionnement et l’investissement dans l’infrastructure de stockage. «Nous sommes passés de 22 à 32 fournisseurs», a fait savoir M. Messaoudi dans une déclaration à l’APS, indiquant que l’Office s’approvisionne notamment auprès de certains pays européens, des Etats-Unis et du Canada, «en tâchant d’éviter les zones de conflits».
Autrement dit, dans le contexte actuel, la Russie et l’Ukraine considérés comme les géants mondiaux de cette filière agricole.
Les capacités de stockage de l’Office, a ajouté M. Messaoudi, dépassent largement les «40 millions de quintaux actuellement». Elles ont «permis à l’Algérie d’avoir un stock conséquent pour faire face aux perturbations des marchés lors des conjonctures exceptionnelles». D’après M. Messaoudi, le parc national des silos de stockage de l’OAIC compte actuellement 48 silos, en plus des hangars qui assurent un stockage temporaire des céréales pour une période qui ne devrait pas dépasser une année. Au-delà de la collecte des récoltes auprès des agriculteurs et les importations céréalières des marchés étrangers pour sécuriser l’approvisionnement du marché local, l’OAIC soutient les céréaliculteurs algériens à travers les «moyens logistique tels les moissonneuses batteuses, les engrais et l’encadrement technique». Il a rappelé, dans ce cadre, les mesures incitatives initiées en faveur des céréalicultures qui porte sur l’augmentation des prix d’achat des céréales.
Ainsi, l’office achète le blé dur des agriculteurs à 6.000 DA le quintal, le blé tendre à 5.000 DA, et l’orge à 3.400 DA.
Pour M. Messaoudi, l’impact de ces motivations sera perceptible dès la prochaine campagne céréalière 2022-2023 car de «nombreux agriculteurs opteront pour les céréales afin de bénéficier de ces avantages qui leur assurent un bénéfice appréciable». Le premier responsable de l’office a indiqué qu’il n’a pas importé les semences des blés dur et tendre et d’orge depuis 1995. «Un acquis que le pays a pu avoir grâce à une génération d’ingénieurs algériens qui ont relevé le défi, en décidant d’avoir leur propre programme de production de semences (blé et orge), et même de quelques légumes secs, tels le pois chiche et la lentille», a-t-il assuré. Il existe des agriculteurs multiplicateurs de semences «sélectionnés avec soin» par les coopératives l’OAIC pour la production de semences. Il s’agit des «meilleurs céréaliculteurs, disposant de meilleurs terres et des moyens adéquats», a-t-il expliqué. L’office a signé des conventions avec huit universités et instituts algériens pour travailler sur ces variétés des céréales locales et d’améliorer leur rendement et leur résistance aux maladies et aux changements climatiques. La recherche concerne même quelques variétés de légumes secs.