Les discussions sur le nucléaire iranien ont fait des «progrès» à Vienne malgré la persistance de «désaccords sérieux», ont rapporté, hier samedi, des participants des pays engagés dans la recherche avec Téhéran d’une solution permettant un retour à l’accord de 2015, foulé au pied par l’ancien président américain Donald Trump.

Synthèse Anis Remane
Le dialogue entre les représentants de la Chine, de la France, de l’Allemagne, de la Russie, du Royaume-Uni et de l’Iran vise à déterminer quelles sanctions Washington doit lever et quelles mesures Téhéran doit prendre pour revenir au plein respect de l’accord signé en 2015. «Après d’intenses discussions, (…) des progrès ont été réalisés dans une tâche loin d’être facile», a déclaré sur Twitter, à la fin de la réunion samedi, le représentant de l’Union européenne (UE) Enrique Mora, qui préside les négociations. L’ambassadeur russe à Vienne Mikhail Ulyanov a, lui aussi, parlé des «progrès dont les participants ont pris note avec satisfaction» ainsi que de la «détermination» de ces derniers «à poursuivre les négociations, en vue de mener à bien le processus dans les meilleurs délais». Il affirme que les discussions vont continuer aujourd’hui dimanche et la semaine prochaine au niveau technique.
De son côté, l’Iran, qui a lancé vendredi sa production d’uranium enrichi à 60% – son désengagement de l’accord le plus important jusqu’à présent – parle d’un nouvel «objectif final commun», mais évoque toujours des «désaccords sérieux». «Il semble qu’il existe désormais un objectif final commun à tous. Le chemin à parcourir est également un peu mieux compris. Bien sûr, ce ne sera pas un chemin facile», a estimé le négociateur Abbas Araghchi. «Ce n’est pas comme si les désaccords avaient été résolus. Il existe encore de sérieux désaccords qui doivent être réduits lors des futures négociations», a-t-il ajouté dans une vidéo du ministère iranien des Affaires étrangères sur Telegram. «Nous pensons que les négociations ont atteint un stade où les parties peuvent commencer à travailler sur un texte commun, au moins dans les domaines où il y a un consensus», a-t-il détaillé. Vendredi, 16 avril, le président américain Joe Biden s’est «malgré tout» montré «satisfait de voir que l’Iran continue de participer aux discussions». Les Etats-Unis et l’Iran se parlent de manière indirecte, par l’intermédiaire de l’UE. L’ex-président américain Donald Trump a fait sortir son pays de l’accord, en 2018, et rétabli les sanctions américaines, mais Joe Biden a dit vouloir le rejoindre, à condition que la République islamique renoue elle aussi avec les engagements nucléaires dont elle s’est progressivement affranchie. n