Messaoudene Madjid, directeur général de GIE Monétique, un organe de régulation de la monétique, a déclaré hier au cours d’une rencontre consacrée à la transformation digitale, organisée en marge de la foire de la production algérienne que le digital constitue un réel relais de croissance.

Il a également expliqué que la maîtrise des nouvelles technologies et la capacité d’innover sont primordiales dans un contexte où la concurrence s’exerce au niveau international entre les institutions financières bancaires et des entreprises non bancaires. Les acteurs traditionnels, a-t-il ajouté, sont aujourd’hui directement concurrencés par de nouveaux entrants dotés d’une capacité d’investissement, d’une maîtrise des nouvelles technologies et d’un rayonnement commercial important à l’échelle internationale.
L’intervenant a par ailleurs souligné que la demande des consommateurs évolue mais que les nouvelles technologies sont encore peu présentes et l’offre des banques ne correspond pas toujours pleinement à leurs attentes. Et Messaoudene Madjid de poursuivre : la capacité des moyens de paiement à accompagner les utilisateurs dans le commerce sur Internet dont la progression est « notable » est un facteur marquant, constituant un défi pour les acteurs du paiement. L’essor de la facturation électronique, proposée de manière de plus en plus fréquente, favorise par ailleurs l’utilisation des moyens de paiement électroniques, avec une palette élargie (carte, virement, prélèvement), utilisés de plus en plus souvent via les Smartphones ». Selon lui, les consommateurs sont de plus en plus familiarisés avec les échanges électroniques, sans utilisation du papier, leurs attentes en termes de rapidité et de simplicité d’usage sont croissantes. L’expert a cependant relevé que si les nouvelles technologies apportent un certain nombre d’avantages pour les utilisateurs, elles entraînent également avec elles de nouvelles questions en termes de sécurité. Les failles de sécurité ne sont pas forcément inhérentes aux instruments de paiement pris isolément (la carte par exemple) mais à l’univers dans lequel ils sont utilisés (Internet). Messaoudene Madjid ajoute dans le même ordre d‘idées que l’augmentation de la fraude en ligne a été soulignée notamment par les organismes en charge de la sécurité des cartes de paiement. En effet, les fraudeurs ciblent en priorité les paiements à distance. Karim Louaheb, expert dans le domaine des TIC a mis lui en avant le fait que grâce à l’évolution des nouvelles technologies, le digital devient incontournable dans la mise en œuvre des stratégies de croissance des banques. Cependant, a-t-il dit, le digital n’est pas une fin en soi ; il vient en support du développement des banques, en ligne avec l’accélération technologique amorcée dans les années 90/2000.
Le digital ne sera, selon lui, d’aucun apport s’il n’est pas intégré à une stratégie transverse de développement de toute la chaîne de valeur bancaire. Les banques n’ont pas besoin de stratégie digitale, mais de digital dans leur stratégie de développement. Cette stratégie doit s’insérer dans un plan de développement plus global sur les TIC porté par l’Etat. Le directeur général de GIE monétique rejoint cet avis expliquant, par exemple, que le paiement électronique étant un facteur de développement économique, il doit être porté par les plus hautes instances. Pour ce faire, a-t-il ajouté, il faut une stratégie nationale des paiements électroniques et de rappeler la loi en projet sur e-commerce. Le principe de la stratégie sur les moyens de paiements viserait plusieurs objectifs : répondre aux attentes des utilisateurs (consommateurs, entreprises, associations, commerçants) ; renforcer la sécurité des moyens de paiement ; développer la compétitivité et l’innovation de l’industrie algérienne des paiements.