«L’analyse de données comme levier d’un management intelligent» a été au centre d’un séminaire organisé hier par l’Institut supérieur des technologies avancées et management (Istam) et la société SDG.

Par Khaled Remouche
L’amélioration et l’optimisation de la performance de l’entreprise et son essor dépendent et dépendront à l’avenir, pour une bonne part, des nouvelles solutions technologiques. En clair, d’innovations technologiques notamment de la Business intelligence (BI), en termes simples de l’analyse qualitative des données de l’entreprise, de leur bonne exploitation en vue de prendre les bonnes décisions managériales.
Un concept de gestion généralisé actuellement chez les multinationales et les grandes entreprises. C’est ce qui ressort du séminaire organisé hier par l’Institut supérieur des technologies avancées et management (Istam) et la société SDG, centré sur la thématique «l’analyse de données comme levier d’un management intelligent».
A cet égard, Julien Vignon, expert BI, a montré dans sa communication l’importance de la Business Intelligence dans l’amélioration de la performance de l’entreprise. Celle-ci est une partie de l’analyse des données, la première étape, la partie la plus cruciale. Il a rappelé que les trois crises, la bulle internet, la crise des subprimes et la crise sanitaire, ont permis aux entreprises de se renouveler, de voir les choses différemment et les ont amené à chercher une performance, une organisation plus efficace et surtout un pilotage plus pertinent pour arriver à survivre face à ces contextes.
Dans les années 2000, il y a eu un volume grandissant de portails webs, d’applications, d’utilisation de réseaux sociaux qui vont générer un volume important de Data ou de données qui vont générer énormément de Data. Plus récemment, les objets connectés tels que les smartphones et pas uniquement, mais également dans l’industrie, les chaînes de production qui utilisent des capteurs qui génèrent beaucoup de données et qui permettent d’être plus efficaces. Ce gros volume de données définit en partie la Big Data. Comme le volume de données devient grandissant, le traitement de ces données devient plus complexe. Il s’agit de savoir tirer partie ou profit des données, retenir ce qui est exploitable de ces données pour améliorer et optimiser la performance de l’entreprise.
Tirer profit de ces données devient un avantage concurrentiel. L’analyse de données relève-t-il participe à améliorer la performance de l’entreprise. Elle permet de réduire les délais et les coûts. Il faut que les informations retenues soient pertinentes et exploitables. L’analyse de données draine derrière elle l’apparition de nouveaux métiers tels que le Data Scientists, le Data Manager, développeur, administrateur de base de données, chief data officer. La BI, ce sont les deux premières étapes de l’analyse de données. C’est son socle qui permet de poser la structure pour les deux autres étapes de l’analyse de données. La BI permet de prendre la bonne décision au bon moment.
Côté pratique à l’international, Hani Mahinenni Expert Data, a exposé, lui, les cas d’usage, c’est-à-dire des exemples d’utilisation de la BI dans des entreprises internationales pour améliorer leur performance. La problématique est comment inscrire la BI dans la stratégie de l’entreprise.

La donnée est devenue un actif, une valeur, le nouvel or noir
L’orateur souligne que les entreprises avancées dans ce domaine considèrent la donnée comme le nouvel or noir. Elle a une grande valeur. L’avenir est pour les entreprises Insight Driven Company capables de générer les analyses, d’exploiter les données en temps réel. Il a cité une grande compagnie aérienne qui projette de lancer dans cinq ans un avion digital et de proposer des offres intelligentes. Dans la production, les processus deviennent automatisés. Ils permettent d’anticiper les défauts de fabrication, les éventuelles pannes et donc de gagner du temps et de réduire les coûts.
Il a cité l’exemple de Michelin qui propose à ses clients un service qui leur permet un suivi de l’état et de la durabilité du pneu. Quant à M. Daradji, le Directeur des finances de Fruital (Coca Cola Algérie), il a présenté la réalisation d’une solution BI au sein de cette entreprise. Auparavant, les collaborateurs restaient au travail jusqu’à 22H pour arriver à clôturer les comptes. Ils avaient des difficultés à faire ces opérations. Avec la solution BI introduite dans cette entreprise pour la partie finances par la société SDG, ses collaborateurs mettent beaucoup moins de temps pour cette opération. Les collaborateurs sortent à 17 heures et la clôture des comptes se fait à temps.
Dans les questions réponses, les participants ont abordé des problématiques importantes qui se posent en Algérie. Le responsable de la compagnie Red Med a posé la question des contraintes à l’application en Algérie de ces nouveaux outils. Hani Mahinenni a cité la ressource humaine, un facteur très important. Il a évoqué la fuite des cerveaux. «Nos ingénieurs informaticiens partent en Europe et font le bonheur d’entreprises européennes», a-t-il regretté.
Le Directeur général d’Istam, Nadhir Laggoune, l’animateur principal de la rencontre, lui, a évoqué la sécurité et la protection de la donnée de l’entreprise. Il n’y a pas suffisamment de Clouds, de Data center pour stocker en sécurité les données de l’entreprise, a-t-il déclaré. Ce qui constitue une contrainte. Quant à la contrainte d’équipement en soft ware, il y a des logiciels libres ou qui n’entraînent pas de grosses dépenses. Les plus grandes dépenses sont notamment dans l’organisation, a précisé le premier responsable d’Istam.
Quant au Directeur général de SDG, il a abordé la problématique du changement. Avec l’introduction de l’ERP, le métier de comptable disparaît, a-t-il précisé. C’est l’analyste financier qui s’occupe entre autres de cette fonction. Ces changements créent des résistances. Il s’agit pour vaincre ces résistances de former par exemple ce comptable pour qu’il occupe ce poste plus important. n