Par Feriel Nourine
La 4e vague de la Covid-19 est en train de réveiller le risque d’un nouveau plongeon de l’économie nationale. La progression fulgurante du virus, enregistrée depuis quelques jours par l’entremise du très contagieux variant Omicron, a déjà poussé les pouvoirs publics à renouer avec des mesures sanitaires qui nous renvoient à l’année 2020, à l’arrivée de la pandémie. Parmi ces dernières, la fermeture des établissements scolaires pour une période de dix jours témoigne à elle seule de l’avancée qu’est en train d’opérer le coronavirus chez les enfants en faisant de ces lieux des espaces de contamination privilégiés.
La transmission du virus aux parents étant une affaire aisée à s’effecteur par la force d’Omicron, ce sont aujourd’hui de nombreuses familles qui sont contaminées et vivent l’épidémie sous le même toit. Omicron n’arrête pas pour autant son offensive. Chaque jour, il pousse un peu plus sur l’accélérateur, portant les bilans quotidiens à des hauts qui n’écartent pas l’alourdissement des mesures sanitaires avec des restrictions pour des activités d’ordre économique.
En effet, alors que des contingents entiers ne se sont toujours pas relevés du coup social asséné par la Covid-19 à leurs entreprises dès son arrivée en Algérie, début 2020, l’épidémie est en train de faire revivre le même scénario de craintes et d’incertitudes pour de nombreux travailleurs, dont les activités peuvent s’arrêter par mesure de prévention sanitaire contre le coronavirus. Les cafés, les restaurants et bien d’autres établissements commerciaux du genre risquent de faire les frais de mesures restrictives appelées à se renforcer au cas où Omicron poursuit sa montée en puissance.
La situation paraît encore plus difficile pour le gouvernement qui s’attelle à chercher la voie vers la reprise économique. La relance annoncée prend un sacré coup face à un variant Omicron qui pousse les pouvoirs publics dans leurs retranchements et leur dicte d’ores et déjà un protocole sanitaire qui ne sera sans doute pas sans conséquences sur les programmes des différents ministères.
Après une poussée remarquée ces dernières semaines, les descentes sur le terrain et les visites d’inspection des ministres sont suspendues jusqu’à amélioration de la situation sanitaire. C’est le Premier ministre, ministre des Finances qui a donné des instructions en ce sens, jeudi. «Compte tenu de la situation épidémiologique prévalant dans le pays, marquée par une augmentation sensible des contaminations à la Covid-19 avec l’apparition de nouveaux variants du virus, j’ai l’honneur de vous demander de reporter toutes les visites de travail et d’inspection que vous comptiez effectuer dans les wilayas du pays», a écrit Aïmene Benabderrahmane aux membres de son gouvernement.
Ces derniers sont également appelés à «reporter la programmation de toutes les rencontres et journées d’étude, tout en veillant à interdire l’organisation de tous types de rassemblement dans les administrations, que ce soit au niveau central ou local, et ce, à titre de mesure préventive qu’il importe de respecter». Cette mesure reste en vigueur «jusqu’à nouvel ordre», a précisé le Premier ministre, et son application a donné lieu, dès jeudi, au report «sine die» d’un événement classé comme important pour le monde de l’entrepreneuriat. Il s’agit de la 2e édition de la Conférence nationale des start-ups «Algeria Disrupt» qui devait être organisée avant-hier et hier au Centre international de conférences (CIC) d’Alger, mais qui «a été reportée à une date ultérieure», a annoncé le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l’Economie du savoir et des start-ups, Yacine El-Mahdi Oualid. «J’ai le regret de vous informer que la 2e édition de la Conférence nationale des start-ups Algeria Disrupt a été reportée à une date ultérieure, et ce, en raison des chiffres élevés des cas de contaminations à la Covid-19 en Algérie, enregistrés au cours de cette semaine et conformément aux recommandations du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus», a écrit M. Oualid sur sa page officielle Facebook. Toujours dans le monde de l’entreprise, c’est le Salon régional des micro-entreprises qui devra attendre une meilleure conjoncture sanitaire pour pouvoir se tenir. Prévue à Sétif, du 22 au 24 janvier courant, la première édition de ce rendez-vous a, elle aussi, été reportée à une date ultérieure en raison de la situation sanitaire imposée par la pandémie Covid-19, a indiqué un communiqué des services du ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Micro entreprise.
«En application des instructions du ministre délégué chargé de la Micro-entreprise, Nassim Diafat, et compte tenu de la situation épidémiologique, il a été décidé, à titre préventif, le report à une date ultérieure du Salon régional des micro-entreprises Sétif 2022, prévu les 22, 23 et 24 janvier 2022 dans la wilaya de Sétif», précise le communiqué.
Organisé sous le slogan «Pour une économie alternative», le salon attendait la participation de plus de 200 exposants dont 1 063 micro-entreprises financées par l’Agence nationale d’appui et de développement de l’entrepreneuriat (Anade). Celles-ci sont actives dans les domaines de l’industrie agroalimentaire et de la transformation, de la sous-traitance des pièces de rechange automobiles, de l’industrie textile, du bâtiment, de l’industrie pharmaceutique, de la valorisation et du recyclage des déchets plastiques. <