A deux semaines de l’entame de nouvelles négociations avec le Maroc, à Genève, le Front Polisario a réitéré, samedi, sa disponibilité à aller dans la capitale suisse avec l’objectif de régler le conflit du Sahara occidental.

Lequel objectif a été mis en exergue, samedi, par le ministre sahraoui délégué pour l’Europe, Mohamed Sidati, qui a déclaré que le Front Polisario ira de «bonne foi» dans la capitale suisse avec la volonté de relancer le processus de règlement du conflit du Sahara occidental, sur la base du respect du droit international. «Le rendez-vous de Genève sera mis à profit pour réaffirmer l’attachement du Front Polisario à l’application du droit à l’autodétermination pour le  peuple sahraoui», a souligné M. Sidati au terme des travaux de la 43e conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui, tenue à Madrid.
Toutefois, «il appartient au peuple sahraoui de déterminer et de choisir entre toutes les options sur la table, et le choix relèvera essentiellement de la volonté du peuple sahraoui», a précisé le même délégué, tout en exprimant son souhait que «les discussions de Genève soient une relance sérieuse de la recherche d’une solution et de la mise en application d’un processus de règlement du conflit du Sahara occidental».
De son côté, le président du Conseil national (Parlement) de la République sahraouie, Khatri Adouh, a précisé que le Front Polisario a toujours manifesté sa disponibilité à coopérer dans la recherche d’une solution, qui garantit le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. «On ira de bonne foi et avec honnêteté à Genève pour relancer le processus de l’ONU en vue du règlement du conflit et donner une nouvelle dynamique au dossier du Sahara occidental», a dit M. Adouh, tout en interpellant le Conseil de sécurité à «prendre une position au cas où le Maroc essaye d’échapper à la relance des négociations».
«Nous sommes arrivés au stade où le maintien du statu quo est devenu impossible», a soutenu le responsable sahraoui, considérant qu’«il revient au Conseil de sécurité de rappeler au Maroc ses engagements et ses responsabilités, s’il tente encore une fois de torpiller les négociations».
Les négociations directes entre les belligérants sont suspendues depuis 2012, mais l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, Horst Kohler, a convié les deux parties du conflit à le rouvrir, avec la Mauritanie et l’Algérie comme pays observateurs, sous format de dialogue 2+2. Les deux observateurs, comme les belligérants, ont répondu favorablement à l’invitation de
Kohler. Mais Rabat a, désespérément, essayé d’impliquer l’Algérie en tant que partie principale dans le conflit alors qu’elle n’a servi que de terre d’asile aux différents réfugiés, notamment ceux du Sahara occidental.
Au sommet extraordinaire de l’Union Africaine qui a pris fin hier, le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait indiqué que le traité constitutif de l’UA doit être préservé de toute révision, car les ambassadeurs du Maroc à l’institution panafricaine ont essayé «vainement» de porter atteinte à l’acte constitutif de l’UA pour évincer la RASD du giron africain ou pour légitimer son occupation illégale des territoires sahraouis.
Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non autonomes, et donc éligibles à l’application de la résolution 1514 de l`Assemblée générale de l’ONU, portant déclaration sur l’octroi de l`indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.