L’Algérie a pris de nouvelles mesures pour lutter contre la flambée de l’épidémie de coronavirus. Ces mesures, qui entrent en vigueur aujourd’hui, sont qualifiées «d’insuffisantes» par le Syndicat national des aides-soignants. «La situation sanitaire est préoccupante et peut s’aggraver encore», alerte Mohamed Gracha, membre du Syndicat national des aides-soignants (SNAS) qui s’appuie sur les chiffres communiqués par l’autorité sanitaire. Il estime, toutefois, que les statistiques officielles que dévoile quotidiennement le Comité de suivi de l’évolution de coronavirus dans le pays restent «loin de la réalité du terrain pour des considérations de moyens de diagnostic et de dépistage».
M. Gracha renvoie le rebond épidémique, qu’il qualifie «d’inquiétant», au «non-respect» des mesures barrières ou des protocoles de prévention sanitaire. Il cite, entre autres, «la reprise de certaines activités, la rentrée sociale, les rassemblements lors des réceptions familiales, le retour des transports et la saison estivale».
Face à pareille situation, notre interlocuteur considère que les autorités compétentes doivent s’investir davantage dans les campagnes de sensibilisation et de prévention contre la propagation de l’épidémie. «Les gens doivent observer les gestes barrières par conviction et par conscience du danger sanitaire et non par la force de la loi et des amendes imposées aux contrevenants», explique-t-il. Avant de préconiser l’extension du champ d’intervention des professionnels de la santé à tous les médias lourds et écrits. Il s’agit de «sensibiliser les citoyens aux dangers du laxisme et du non-respect des mesures sanitaires», insiste-t-il, ajoutant que «c’est la conscience qui est en mesure de casser la chaîne de transmission et contrecarrer la propagation de l’épidémie».
Rappelant que les corps médical et paramédical qui sont en première ligne de lutte contre la Covid-19 depuis l’enregistrement des premiers cas en février dernier, le membre du SNAS dira, lui aussi, que ces derniers «sont épuisés physiquement et moralement, mais continuent de consentir d’énormes sacrifices avec bravoure et dévouement». Et de relever que ce sont «le stress et le désarroi qui animent le quotidien de l’armée blanche», cette dernière se heurtant plusieurs mois après l’apparition de l’épidémie au «manque de moyens humains et matériels comme l’oxygène et le matériel de protection», soutient-il. C’est pourquoi, les mesures prises dimanche soir par le gouvernement risquent de ne pas aboutir aux résultats escomptés, prévient-il. «Le dispositif mis en place ne fait que réduire le temps d’activité, et si les citoyens n’obéissent pas aux mesures barrières, la situation risque de ne pas s’améliorer», alerte-t-il.
S’agissant de la capacité des structures hospitalières à accueillir les personnes atteintes de la Covid-19, Mohamed Gracha relève qu’«elle diffère d’un hôpital à l’autre». Il dit craindre surtout le manque de lits de réanimation occupés pratiquement pour les cas graves et les personnes vulnérables, notamment celles souffrant de maladies chroniques et présentant des faiblesses immunitaires. <