Dans une déclaration rendue publique sur sa page Facebook, l’association Ti3winin dénonce l’interdiction de la rencontre qu’elle devait organiser aujourd’hui, samedi, avec la jeune romancière algérienne Hiba Tayda, et celles qui suivront au cours du mois du mois d’avril avec les auteurs Rabah Sbaa et Saïd Oussad. «Décidément, le chef de daïra de Bouzeguene et le DRAG de Tizi-Ouzou n’apprennent pas leurs leçons et n’aiment pas la culture. Ils décident encore de frapper fort en interdisant toutes les conférences du mois d’avril que devaient organiser l’association culturelle Tiɛwinin de Bouzeguene», écrit la dite association.

Elle interpelle les responsables de l’APC : «Nous attendons une réaction vive et sincère, sans ambigüité de la part des responsables de la mairie de Bouzeguène». Elle leur enjoint de prendre leur responsabilité afin d’user de leur pouvoir pour stopper l’attitude répressive du chef de daïra qui se fait le relais de la Drag pour exercer un contrôle excessif afin de brider les champs culturels et associatifs locaux. L’association se dit convaincue que le chef de daïra nourrit «de la rancune et une haine viscérale» envers la culture et le mouvement associatif». «Le chef de daïra et les bureaucrates de la Drag sont contre la culture à Bouzeguène. Ils veulent instaurer un désert culturel, l’agonie culturelle. Mainmise sur la culture et embrigadement des arts par le pouvoir algérien, ils ont accentué leur exubérance de refus et d’annulation et une prétention à tout contrôler.
Ils rêvent d’une fragmentation et d’une hégémonie culturelles. Ils vivent dans une bulle stérile, le temps d’acheter la paix sociale est révolue, le glas sonne pour un pouvoir utopique, despotique et maniaque», constatent avec indignation les organisateurs du café littéraire de Bouzeguène. «Dorénavant, nous ne demanderons plus d’autorisation pour ces conférences. Nous travaillons bénévolement et gracieusement pour la culture, rien que pour la culture», écrivent-ils.
S’adressant au public, ils l’informent que «ces conférences auront bel et bien lieu » sans même «ces autorisations». Ils sollicitent la solidarité de l’ensemble des citoyens, les amis du café littéraire, les férus de littérature et de culture à «venir en masse pour assister à ces conférences malgré les interdictions».