L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) est toujours en attente de réponse de la part de son allié russe, qui n’a pas encore officiellement adhéré à la proposition d’une nouvelle coupe dans l’offre de l’Opep+. La Russie, alliée des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole au sein de l’Opep+, s’était opposée, faut-il le rappeler, à la recommandation du comité technique de ce groupe, qui s’était réuni à Vienne, en faveur d’une baisse de production de 600 000 barils supplémentaires par jour pour enrayer la chute des cours provoquée par l’épidémie de coronavirus. Deux semaines s’étaient déjà écoulées depuis la réunion extraordinaire du comité technique de l’Opep+ mais la Russie temporise encore et fait attendre sa position, alors que la proposition dudit comité risque même de ne pas suffire pour faire remonter les cours. Certains experts estiment, en effet, que la baisse de production envisagée « ne sera probablement guère suffisante pour faire remonter les prix car la diminution de la demande chinoise est considérablement plus importante ». S’agit-il d’un grain de sable qui vient gripper la machine -jusqu’ici bien huilée- de la coopération Opep-Russie ou bien est-il question d’une simple réticence russe qui finira par rallier les positions de l’Opep ? Cette question revient comme une prière au fur et à mesure que les jours passent et la position russe reste toujours ambiguë quant à la nécessité d’une nouvelle baisse de la production pour faire face à l’impact du coronavirus sur le marché pétrolier. Hier, à l’ouverture hebdomadaire des marchés, les prix du pétrole étaient stables, conservant leurs gains de la semaine précédente, dans un marché toujours sensible à la propagation de l’épidémie de Covid-19, ses conséquences sur l’économie mondiale et la réaction concertée de l’Opep. Vers 16H30, heure algérienne, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 57,23 dollars à Londres, en léger recul de 0,16% par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril américain de WTI pour mars grappillait 0,02%, à 52,33 dollars. La semaine dernière, le Brenta progressé de 5,3% et le WTI de 3,4%, marquant ainsi leur première hausse hebdomadaire depuis la semaine se terminant le 3 janvier. cependant, le pétrole n’est pas pour autant totalement tiré de sa spirale baissière, puisqu’aux risques de propagation de l’épidémie du Coronavirus et du ralentissement économique en Asie et en Europe, voire chez d’autres gros consommateurs de l’or noir, le silence russe quant à la proposition du comité technique de l’Opep alimente les craintes de l’absence d’une réaction concertée au niveau de l’Opep+ face au Coronavirus.
Les membres de l’Opep et leurs partenaires peinent à s’accorder sur une réaction conjointe adaptée au ralentissement attendu de la consommation chinoise, malgré la réunion « extraordinaire » de leur comité technique (JTC) il y a deux semaines. Moscou fait attendre sa position, mais certains investisseurs tablent sur le fait que les Russes finiront par se rallier aux coupes supplémentaires de production recommandées par le comité technique de l’Opep+. En attendant que les Russes statuent sur les nouvelles coupes proposées par le comité technique de l’Opep+, l’épidémie de Covid-19, qui frappe de plein fouet une Chine très gourmande en pétrole, continue de déstabiliser le marché de l’or noir déjà en situation de surplus. Et elle continue de s’étendre. Les autorités chinoises ont porté lundi le nombre de décès dans le pays à 1 770 depuis l’apparition de la pneumonie virale en décembre à Wuhan (centre), pour au moins 70 500 contaminés.
Sur le marché pétrolier, les pertes étaient énormes ; les cours ont perdu près de 20% de leur valeur depuis l’apparition de l’épidémie. L’Agence internationale de l’Energie (AIE) a prévenu, jeudi dernier, que l’épidémie devrait faire reculer au premier trimestre la demande de pétrole dans le monde pour la première fois depuis plus de dix ans. L’Opep avait la veille déjà fortement abaissé sa prévision de croissance de la demande mondiale de brut pour l’année.