Par Bouzid Chalabi
Les conditions d’importation de produits finis mises en place tout dernièrement par le ministère du Commerce et, particulièrement, d’exiger des importateurs un document délivré par l’Agence nationale pour la promotion du commerce extérieur (Algex) attestant que la matière n’est pas produite localement, commencent à avoir des retombées négatives sur certains domaines d’activités et de services.
En effet, selon Echourouk News, ce sont 10 matières premières utilisées dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’industrie et du sport qui font défaut dans de nombreuses entreprises locales par l’effet d’un retard d’approvisionnement de l’étranger.
Toujours selon cette même source, qui reprend les aveux de certains opérateurs concernés, «le retard résulte du fait que l’Algex tarde à délivrer aux importateurs le document nécessaire comme l’exige la nouvelle réglementation, comme indiqué plus haut, voire même cette institution. Un retard de plus d’un mois entraînant la mise à l’arrêt de certains domaines d’activités et non des moindres, à l’image du secteur de la santé et de l’agriculture», témoignent des opérateurs. Toujours dans ce même sillage, on apprend également que des entreprises après avoir épuisé leur stock d’intrants dans les produits qu’elles fabriquent sont à l’arrêt complet. C’est surtout le cas chez les entreprises qui produisent des articles de nettoyage et à usage cosmétique. Ces dernières qui font usage de matière première importée, entrant en grande proportion dans la confection de leur production, «n’ont d’autres choix que de baisser rideau depuis l’entrée en vigueur du gel des importations des matières premières qui leur sont indispensables», lit-on.
Autre secteur pénalisé, celui de l’agriculture, car les engrais et pesticides font l’objet de pénurie ces derniers temps. Une carence qui peut avoir des conséquences graves, car indispensable à l’arboriculture fruitière et aux besoins des cultures maraîchères. Autrement dit, l’offre locale de ces deux matières premières importées est très inférieure, entraînant une surenchère des prix, à hauteur de 300%. De même, les hôpitaux vivent des situations de crise dans leur fonctionnement au quotidien. Pour preuve, rapporte cette même source, les prestataires de services chargés de la maintenance des équipements n’arrivent plus à assurer leurs engagements car ne disposant pas de pièces de rechange. Leur fournisseur importateur est à l’arrêt conséquemment aux nouvelles dispositions d’importation de produits finis. On imagine tous les dommages collatéraux que subissent de ce fait les établissements hospitaliers publics et privés.
Autre secteur affecté par le gel des importations de matière première, celui du froid. En effet, le gaz utilisé dans les appareils de réfrigération est quasi impossible à trouver sur le marché local en raison de sa suspension d’importation. Il en est de même pour différents équipements sportifs. Enfin, les pièces de rechange pour les voitures et divers appareils industriels sont parmi les matériaux les plus sous-commercialisés menaçant les usagers de la route, ainsi que divers types de déchets, de boulons et de matériel scolaire, qui connaissent également une crise d’approvisionnement majeure.
Face à cette situation, des opérateurs économiques, que Reporters a pu approcher, avancent à l’unanimité que «tout cela résulte du fait que ceux qui sont à l’origine des nouvelles règles d’importation de produits finis ne font pas la distinction entre intrants indispensables et produits finis». Pour ces derniers, il serait temps que cela change si on ne veut pas se retrouver avec des secteurs d’activité à l’arrêt. Ils espèrent que «l’étude des dossiers d’importation déposés» devrait «connaitre une accélération dans leur traitement afin d’éviter des perturbations dans l’offre locale» et éviter d’ouvrir «la voie à la spéculation», redoutent-ils enfin. n