Deux semaines après les nouvelles mesures annoncées en Conseil des ministres, se rapportant à une nouvelle tentative d’imposer un énième tour de vis aux importateurs, il y a comme un vent d’inquiétude qui fait trembler les opérateurs économiques et plus particulièrement les producteurs.

On ne vous laissera pas tomber, martelait le gouvernement depuis le début de la crise à l’adresse des entrepreneurs, alors que depuis peu certaines dispositions venues encadrer davantage l’acte d’importer ont fini par assombrir les perspectives et alimenter la confusion dans les milieux d’affaires. Le communiqué sanctionnant les travaux du Conseil des ministres du 20 septembre dernier a souligné que le chef de l’Etat a exigé de son gouvernement lors de cette réunion de « soumettre, à l’avenir, tout engagement financier dans l’importation et toute transaction en devises, à l’approbation préalable du Conseil du Gouvernement en vue de protéger le produit national, encourager sa consommation au niveau local et préserver les réserves de change ». Le président de la République a appelé également à « soumettre à l’approbation préalable du conseil du gouvernement ou du conseil des ministres, en cas de nécessité, toutes les mesures relatives à la définition de la liste des produits interdits à l’importation ». Ces dispositions, la première notamment, ont suscité une panique et une confusion dans les milieux bancaires et d’affaires ; opérateurs et banquiers ne savent plus à quel saint se vouer, en l’absence de précisions et d’explications de la part du gouvernement. Ce dernier devait se réunir aux fins d’expliquer sa démarche et ses objectifs et s’il s’agissait réellement d’un nouveau tour de vis et quels étaient les entreprises concernées. « Il doit y avoir une erreur quelque part. Autrement, tel qu’annoncées, ces mesures sont inquiétantes à plus d’un titre. Nous attendons la réunion du gouvernement pour mieux comprendre », nous explique un industriel, dont le fonctionnement de ses appareils de production dépend des intrants importés. D’après lui, le gouvernement gagnera à expliquer la démarche dans les plus brefs délais car les banques, faute de précisions sur la nature des transactions en devises soumises à l’approbation du gouvernement, commencent à adopter une attitude de wait and see et de vigilance. Du côté des banquiers justement, la stupéfaction est grande tant il est vrai qu’au plan pratique il est pour le moins impossible que le gouvernement examine toutes les transactions en devises qui passent quotidiennement par les banques. Alors que les observateurs et les économistes se montrent de plus en plus pessimistes sur les perspectives d’évolution de l’activité économique à court et moyen termes, en témoignent d’ailleurs les différentes notes de conjoncture de l’ONS, les nouvelles velléités affichées par le gouvernement remettent au goût du jour les craintes d’une récession plus grave. Dans le même temps, alors que la facture du Covid-19 risque de s’avérer salée aux plans économique et social, les entreprises attendent une simplification des mesures de soutien annoncées lors de la conférence nationale sur le plan de relance. <