Face à la propagation exponentielle du nombre de contamination à la Covid-19, et dont le virulent variant Delta est au centre de toutes les inquiétudes, le gouvernement a décidé de renforcer les contrôles et d’être intransigeant pour imposer le respect strict des mesures barrières : ports du masque, distanciation physique, hygiène des mains et interdiction des rassemblements, tels les fêtes de mariage et célébrations familiales.

Par Sihem Bounabi
Ainsi, les services du Premier ministre
Aïmene Benabderrahmane ont annoncé, dans un communiqué publié le 11 juillet, que «les mesures de prévention pour endiguer toute nouvelle vague de contamination seront soumises à un contrôle rigoureux de leur application». Il s’agit, en premier lieu, «de renforcer la mesure d’interdiction, à travers le territoire national, de tout type de rassemblement de personnes et de regroupement familial, notamment la célébration de mariages et de circoncision et autres événements».
En effet, ces dernières semaines, au moment où des familles entières étaient en soins intensifs, les spécialistes constatent avec effarement un relâchement total des gestes de prévention contre la contamination au coronavirus, que ce soit dans les transports, les lieux publics ou les rassemblements dans cette période marquée par de nombreuses festivités et célébrations familiales.
A ce titre, le Premier ministre Aïmene Benabderrahmane a instruit les walis à «prendre toutes les mesures tendant à faire respecter cette interdiction, en recourant, lorsque la situation sanitaire l’exige, et avec le concours des différents services de contrôle, à l’application des sanctions réglementaires à l’encontre des contrevenants ainsi que les propriétaires des lieux accueillant ces regroupements».
Les transports en commun publics et privés sont également concernés par ce tour de vis des autorités, suite au constat d’un non-respect flagrant d’un minimum de mesures préventives en plein cœur de cette nouvelle vague. Dans un simple tour au niveau des stations de transports, on peut remarquer des rassemblements aux arrêts sans port de bavette, ni respect de la distanciation physique, des bus bondés au mépris du bon sens et sans aucune conscience de la gravité de la situation sanitaire actuelle. Là aussi, les pouvoirs publics ont instruit les autorités concernées à renforcer les contrôles quotidiens et à sévir à la moindre infraction.
Le communiqué du gouvernement précise à ce sujet que, concernant la circulation et la mobilité des personnes, le contrôle «sera intensifié par les services compétents en ce qui concerne le respect des protocoles sanitaires dédiés aux moyens de transport de voyageurs, particulièrement l’obligation du port du masque de protection et de la distanciation physique à travers la limitation du nombre de voyageurs, avec une application, sans complaisance, des sanctions pénales et/ou administratives que prévoit la réglementation».
Pour rappel, il y a deux jours, le Directeur général de l’Institut Pasteur d’Alger avait dénoncé le non-respect des gestes barrières dans les transports, annonçant d’ores et déjà que des sanctions sévères seraient appliquées contre les transporteurs, dont le retrait immédiat de la licence de transport et l’immobilisation du véhicule de transport.

Menace de retrait du registre de commerce
Les espaces commerciaux sont, également, concernés par cette intransigeance de l’Etat dans le respect strict des gestes barrières, afin d’endiguer la pandémie, d’autant que les commerces «connaissent des situations de relâchement».
Dans ce cadre, le Premier ministère souligne que des instructions ont été données aux services du ministère du Commerce afin de «reprendre les actions de contrôle au niveau des commerces et des marchés, accompagnés de la force publique, et de procéder à la fermeture immédiate du commerce et au retrait du registre du commerce et ce, sans préjudice de l’application des sanctions prévues par la législation et la réglementation en vigueur, à l’encontre des contrevenants».
Concernant les marchés ordinaires et marchés hebdomadaires, le dispositif de contrôle sera renforcé par les services compétents afin de s’assurer du respect des mesures de prévention et de protection. Le gouvernement affirme à ce sujet que «les sanctions prévues par la réglementation en vigueur doivent être appliquées avec toute la sévérité que commande la gravité de la situation à l’encontre des contrevenants», insistant sur le fait que «les services de contrôle seront intransigeants et appliqueront les sanctions administratives et pécuniaires prévues par la législation et la réglementation en vigueur».
En outre, le Premier ministère annonce, également, que «le contrôle sera également renforcé concernant les obligations qui pèsent sur les administrations et les établissements recevant le public d’observer et de faire respecter, notamment l’obligation du port de masque de protection ainsi que l’obligation pour les gestionnaires de veiller notamment au strict respect de l’obligation du port de masque de protection».
Concernant les lieux de prière, et à quelques jours de l’Aïd El Adha, les services de Premier ministère soulignent que le ministère des Affaires religieuses «est chargé d’agir, notamment en direction des imams et des associations religieuses, pour rappeler l’impérieuse nécessité de respecter scrupuleusement les protocoles sanitaires dans les mosquées». Enchaînant que «des contrôles seront effectués par les services compétents afin de s’assurer de l’application des protocoles sanitaires et le respect des mesures barrières» au niveau des espaces de vente de moutons.
Des campagnes de sensibilisation en direction des citoyens seront lancées pour les appeler à la vigilance face «aux risques que représentent les visites et rencontres familiales, qui demeurent de sérieux vecteurs de contamination».
Il est à noter que l’ensemble de ces mesures sont en écho des déclarations du ministre de la Santé Abderrahmane Benbouzid, qui a insisté sur «l’impératif» du respect rigoureux des gestes barrières tout en écartant la possibilité d’un confinement total à domicile pour le moment.

Reconduction du confinement partiel pour 14 wilayas
En effet, le Gouvernement a décidé de proroger de 21 jours le confinement partiel à domicile de minuit jusqu’au lendemain 4H00 dans 14 wilayas à compter du lundi 12 juillet, et de renforcer le contrôle concernant le respect des protocoles sanitaires liés à la pandémie du Coronavirus (Covid-19). Le confinement partiel à domicile est applicable dans les wilayas de Laghouat, Batna, Béjaïa, Blida, Tébessa, Tizi-Ouzou, Alger, Sétif, Sidi Bel Abbès, Constantine, M’sila, Ouargla, Oran et Boumerdès, précise le communiqué.
De son côté, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamal Beldjoud, a ordonné aux walis de «réactiver toutes les mesures de prévention prises auparavant comme le port du masque, la distanciation physique et la généralisation de l’usage des solutions hydroalcooliques», précisant que «les agents publics habilités veilleront au strict respect de ces mesures, des sanctions étant prévues contre les contrevenants». Conformément aux décisions du Premier ministre, la wilaya d’Alger a décidé de serrer la vis pour faire respecter les gestes barrières dans les commerces et les transports. Il a aussi été décidé d’interdire les rassemblements de personnes et les regroupements familiaux, ainsi que les fêtes de mariage, de circoncision et autres célébrations. La wilaya d’Alger lance un avertissement sans équivoque aux contrevenants, affirmant que des mesures sévères seront prises à leur encontre ainsi qu’aux propriétaires de locaux qui abritent de tels événements.