Le dossier de l’importation de véhicules neufs s’est invité de nouveau au dernier Conseil des ministres. Pour la énième fois, faut-il le souligner, depuis que Abdelmadjid Tebboune préside ce type de réunion, après son élection à la tête du pays en décembre 2019.

Par Feriel Nourine
Et c’est encore le président de la République qui remet sur la table ce dossier, alors que le citoyen algérien consomme les derniers jours d’une seconde année blanche pour le marché de l’automobile.
Sauf que l’intervention du chef de l’Etat est intervenue pour instruire les responsables concernés de la révision «immédiate» du cahier des charges, laissant entrevoir de nouvelles prolongations pour une attente qui n’a que trop duré, alors que les dossiers des opérateurs économiques ayant souscrit à l’activité de concessionnaire se comptent par dizaines au niveau du ministère de l’Industrie.
C’est donc officiel, l’information ayant circulé début septembre dernier à propos d’une révision du cahier des charges est confirmée. Du coup, c’est la seconde opération du genre qui sera opérée après celle du printemps dernier, venue amender le texte hérité de l’ex-ministre de l’Industrie Ferhat Aït Ali qui, lui-même, s’était débarrassé du legs laissé au secteur par Bouchouareb. Une révision que les opérateurs avaient salué pour son contenu assouplissant les modalités d’obtention de l’agrément ouvrant droit à l’importation et la commercialisation de véhicules neufs.
A la même période, le chef de l’Etat en personne avait de nouveau été invité à s’exprimer sur l’étape d’avancement du dossier. La question lui avait été posée lors de son entrevue périodique avec des représentants de médias, et Abdelaziz Tebboune avait alors annoncé un dénouement avant la fin du premier semestre de 2021. Aujourd’hui, alors que le second semestre de cette même année s’achève, aucune avancée palpable ne se dégage d’un dossier ayant tendance à devenir mystérieux par la tournure qu’il est en train de prendre et de répétitifs retours à la case départ d’un parcours qui, finalement, semble n’avoir jamais réellement commencé.
Pourtant, la révision du cahier des charges, à travers un décret exécutif modifiant le décret exécutif n°20-227 du 19 août 2020 et la promesse du premier responsable du pays avaient rassuré les opérateurs, mais aussi les citoyens, sur une proche levée de verrous qui entravaient la bonne marche du dossier sous l’ère de Aït Ali. Ceci d’autant qu’un nouveau comité interministériel chargé de l’examen des dossiers d’agrément avait été installé dans le souci d’accélérer la procédure de délivrance du fameux sésame. Les premiers agréments avaient même été annoncés pour la fin juin dernier par le responsable du secrétariat technique des deux comités chargés de la construction automobile et des concessionnaires de véhicules neufs au niveau du ministère de l’Industrie. Une annonce remontant le moral des intéressés, surtout qu’elle intervenait dans une atmosphère de retour à l’espoir chez ces derniers après l’assouplissement du cahier des charges, établi par le ministre limogé. De plus, la fin juin coïncidait avec l’échéance évoquée par le Président devant les médias.

Une longue attente
Sauf, qu’aujourd’hui, le marché automobile est toujours à zéro agrément au compteur des opérateurs ayant déposé leur dossier pour une activité, pourtant réhabilitée par voie de loi de finances. Le processus d’examen de leurs dossiers prend nettement plus de temps que ce qui avait été signifié dans le nouveau cahier des charges et les souscripteurs passent leur temps à attendre, puis à passer à l’opération recours face aux rejet massifs de dossiers opérés par le fameux comité interministériel. Ce qui profite, bien évidemment, aux revendeurs multimarques par voie de licence de moudjahid, dont les prix affichés dans les showroom dépassent toute raison commerciale, ou encore aux spécialistes du marché de l’occasion qui ne trouvent aucune peine à revendre un véhicule nettement plus cher que son prix payé à l’état neuf.
Face à cette situation insoutenable, la question est aujourd’hui de savoir si la révision du cahier des charges exigée par le Président de la République se fera au détriment des opérateurs qui ont déposé un recours auprès de la tutelle après le rejet de leur dossier ? Visiblement non, sachant que début novembre dernier, le ministre de l’Industrie avait annoncé un dénouement positif du dossier, lors de son passage devant l’APN. Ahmed Zerghdar avait alors déclaré que les agréments seront délivrés dès que le comité aura statué favorablement sur les dossiers ayant satisfait aux demandes du comité technique. Trois jours plus tard, M. Zeghdar s’était exprimé sur les colonnes d’El-Khabar en annonçant que huit dossiers, au niveau du comité de recours, avaient toutes les chances de décrocher leurs agréments immédiatement après la levée des réserves qui leurs ont été notifiées.
«Les opérateurs doivent fournir l’ensemble des justificatifs prouvant la légalité et la conformité de leurs dossiers avec la législation, particulièrement le cahier des charges et les décrets exécutifs 20-227 et 21-175», avait-il expliqué.