Pour relancer et renforcer le partenariat stratégique entre l’Union européenne et ses partenaires du voisinage méridional, dont l’Algérie, la Commission européenne et le haut représentant ont adopté, hier, une communication conjointe proposant un nouvel agenda pour la Méditerranée, qualifié «d’ambitieux» et «d’innovant».

Par Hakim Ould Mohamed
«Ce nouvel agenda repose sur la conviction que c’est par la coopération et dans un esprit de partenariat que les défis communs peuvent être transformés en des opportunités à saisir, dans l’intérêt mutuel de l’UE et des pays du voisinage méridional», lit-on dans le communiqué publié, hier, par la Commission européenne. Cet agenda, précise la même source, «comprend un plan économique et d’investissement visant à stimuler la reprise socio-économique à long terme dans le voisinage méridional». Il s’agit d’un nouvel instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (IVCDCI) de l’UE qui vient réviser la politique européenne de voisinage dédiée à ses partenaires de la rive sud de la Méditerranée et l’adapter aux nouveaux défis auxquels est confrontée la région de la Méditerranée. Un montant de 7 milliards d’euros est d’ores et déjà mobilisé pour la période 2021-2027 pour la mise en œuvre de cet instrument de coopération. Les financements pourraient atteindre 30 milliards d’euros en investissement privé et public dans la région au cours de la prochaine décennie, souligne la Commission européenne dans son communiqué. «Le nouvel agenda tire parti de l’ensemble des instruments de l’UE et propose d’unir nos forces pour lutter contre le changement climatique et accélérer les transitions écologique et numérique, qui vont de pair, et offrent un véritable potentiel, de renouveler notre engagement en faveur de valeurs communes, de nous pencher ensemble sur la migration et les déplacements forcés, et de renforcer l’unité et la détermination de l’UE, de ses États membres et des partenaires du voisinage méridional à promouvoir la paix et la sécurité dans la région méditerranéenne», soutient la Commission européenne. Cet agenda met l’accent sur cinq domaines d’action, à savoir le développement humain, bonne gouvernance et État de droit, résilience, prospérité et transition numérique, paix et sécurité, migration et mobilité et enfin transition écologique. «Un plan d’investissement économique spécifique pour les voisins méridionaux vise à faire en sorte que la qualité de vie des populations de la région s’améliore et que la reprise économique, notamment à la suite de la pandémie de COVID-19, ne laisse personne de côté. Le plan comprend des initiatives phares préliminaires visant à renforcer la résilience, à construire la prospérité et à accroître les échanges et les investissements afin de soutenir la compétitivité et la croissance inclusive. Le respect des droits humains et de l’État de droit fait partie intégrante de notre partenariat et est essentiel pour asseoir la confiance des citoyens dans les institutions», explique la Commission européenne.
Augmenter
le flux d’IDE vers l’Algérie
Cette politique de voisinage en version revue et révisée s’adresse à l’ensemble des pays de la rive sud de la Méditerranée, réputés pour être les principaux partenaires de l’Union européenne. Il s’agit de l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Libye, l’Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Palestine, Syrie. Pour ce qui est de l’Algérie, la Commission européenne a conçu une nouvelle politique de voisinage bâtie sur trois piliers principaux. Les priorités du partenariat UE-Algérie porte sur la gouvernance économique et le soutien à la diversification de l’économie algérienne. Il est question également du développement territorial et démocratie participative, énergie/environnement et action pour le climat. Le deuxième pilier consiste à renforcer le commerce entre l’Algérie et l’UE ainsi que le flux des investissements européens à destination de l’Algérie. Le troisième pilier porte sur le renforcement de la mobilité des personnes. L’Union européenne demeure le principal partenaire commercial de l’Algérie avec, au tableau, 57% des importation algériennes provenant de l’UE, alors que 41% de ses exportations sont acheminées à destination du Vieux Continent. Le stock des investissements directs étrangers de l’UE en Algérie s’élève à 14,4 milliards d’euros et, tandis que le stock d’IDE algériens dans l’UE est estimé à 1,3 milliard d’euros. Les flux d’IDE de l’UE vers l’Algérie se sont élevés à 1,6 milliard d’euros et les flux d’IDE algériens vers l’UE ont totalisé 100 millions d’euros. Cette nouvelle politique de voisinage est une opportunité à saisir pour que l’Algérie puisse augmenter le flux d’IDE européens vers son sol, ce qui est de nature à améliorer les lacunes existant dans la mise en œuvre de l’Accord d’association UE-Algérie. D’autant plus que l’Algérie a depuis toujours reproché à son partenaire d’avoir failli à son engagement en matière d’investissement en Algérie, alors que la balance des échanges profitait beaucoup plus à l’Europe qu’à l’Algérie. n