La nouvelle loi sur la santé ne vaut que par l’élaboration des textes d’application, a estimé hier à Alger le Syndicat national algérien des pharmaciens d’officine (Snapo), qui plaide pour l’accélération de ce processus.

PAR NAZIM BRAHIMI ET LEïLA ZAïMI
Le plaidoyer du Snapo est motivé par le fait que ces textes d’application vont pouvoir aider les professionnels du secteur à organiser l’activité pharmaceutique qui fait face, c’est un secret de Polichinelle, à des dysfonctionnements multiples qui se sont répercutés sur la disponibilité de plusieurs médicaments.
En effet, le président du Snapo a mis en évidence, à l’occasion de la 13e édition de la conférence nationale de ce syndicat, l’importance «d’accélérer l’élaboration et l’application des textes de loi devant accompagner la nouvelle loi sur la santé, publiée dans le Journal Officiel en juillet 2018».
Pour lui, «cette démarche est de nature à aider les professionnels de la santé à promouvoir et à encourager la production pharmaceutique, en sus d’organiser le marché national et d’assurer sa stabilité, notamment au vu des grandes perturbations enregistrées ces dernières années».
Sur sa lancée, il dira que ces textes de loi «permettront de prévenir une éventuelle pénurie de médicaments», faisant part à la même occasion de «la rupture de 200 types de médicaments dont certains sont produits localement». Un chiffre qui ne fait que confirmer les dysfonctionnements dans le marché maintes fois dénoncés par des professionnels et par des patients. Autre argument évoqué par l’intervenant, celui à travers lequel il a expliqué que les textes en question sont susceptibles de «promouvoir le rôle de pharmacien-assistant en matière de formation d’autant qu’il s’agit d’un poste récemment créé, au titre de la nouvelle loi sur la santé, dans le but de résorber le chômage dans ce corps et d’élargir les activités du pharmacien d’officine dans le cadre de la même loi, notamment en termes de suivi du malade et d’éducation thérapeutique». Par ailleurs, et concernant la gestion et l’organisation de l’utilisation des psychotropes dans la société et après la publication de la nouvelle loi relative à ce type de médicaments dans le Journal Officiel, M. Belambri a relevé la nécessité d’accompagner cette législation, à travers la mise en place du mécanisme de nature à garantir la protection des professionnels de la santé.
Pour sa part, le président du Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, le Dr Abdelkrim Touahria, a évoqué la question relative à l’exportation des produits pharmaceutiques, estimant que cela implique plusieurs secteurs principalement le commerce extérieur et les Finances.
200 médicaments
en rupture
«L’un des freins de l’industrie pharmaceutique est l’absence de lois régissant l’exportation. Pour le moment, les lois sont en phase d’élaboration», a-t-il déclaré, en évoquant aussi «l’autre problème qui est d’ordre financier».
Le ministre délégué à l’Industrie pharmaceutique, Abderrahmane Djamel Lotfi Benabahmed, a défendu, quant à lui, la thèse selon laquelle l’industrie pharmaceutique aurait connu un développement ces dernières années. «Nous sommes passé de 5 unités de production à 100», a-t-il fait savoir, estimant que «l’essentiel est de continuer à promouvoir l’industrie pharmaceutique en soutenant les producteurs locaux et en encourageant aussi l’investissement étranger en Algérie». «Le secteur de l’industrie pharmaceutique doit créer de la richesse. L’importation est le complément de la production nationale», a-t-il dit lors de son intervention. De plus, il se dit prêt à travailler avec les professionnels pour développer le secteur. Pour sa part, le Dr Abdelouahed Kerrar, président de l’Union nationale des opérateurs en pharmacie (Unop) et P-DG du groupe Biopharm, a regretté que la politique actuelle n’encourage pas l’exportation des médicaments. «Bien que tous les éléments soient là (unités de production et ressources humaines), nous sommes encore loin de concrétiser nos ambitions en matière d’exportation», a-t-il soutenu. n