Le cabinet de recherche britannique Oxford Institute for Energy Studies est le premier centre d’expertise et de recherche étranger à commenter l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures.

Dans un rapport sur l’état et les perspectives du secteur gazier algérien, publié récemment, les experts d’Oxford Institute for Energy Studies pensent que le projet d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures serait, dans l’absolu, une bonne chose, mais ne saurait être une mesure suffisante pour relancer l’investissement dans le domaine des hydrocarbures en Algérie.
En décodé, les Britanniques, considérés parmi les étrangers les plus impliqués dans l’amont pétrolier et gazier algérien, à travers essentiellement les investissements de BP, estiment que l’amélioration de l’attractivité du domaine minier algérien passe, certes, par l’adoption d’une nouvelle loi sur les hydrocarbures, mais celle-ci « n’est pas suffisante pour relancer la production en amont des hydrocarbures de l’Algérie ». « L’adoption d’une loi plus attrayante sur les hydrocarbures est une condition nécessaire, mais pas suffisante, pour relancer l’hydrocarbure algérien en amont. L’un des principaux obstacles auxquels se heurtent les investisseurs internationaux en Algérie est la lourdeur du système administratif bureaucratique qui retarde considérablement tous les processus de délivrance de permis et d’approbation permettant de développer et de mettre en œuvre des projets », écrivent les experts d’Oxford Institute for Energy Studies dans leur rapport sur le secteur gazier algérien. Ce jugement tombe comme un coup de massue sur la tête des promoteurs de l’avant-projet de loi sur les hydrocarbures qui, en moins d’une semaine, a parcouru plusieurs étapes réglementaires, mais non des moindres, alors qu’habituellement, de tels projets de lois, aussi sensibles que complexes, car engageant l’avenir de tout un pays, sont minutieusement examinés et sujets à plusieurs modifications, tant en période de préparation qu’en période d’examen par le gouvernement et le Parlement. La semaine dernière, le porte-voix de l’Exécutif a tenté tant bien que mal de convaincre quant à l’utilité des correctifs apportés à la loi sur les hydrocarbures. Il a précisé que la règle 51/49% régissant l’investissement étranger en Algérie reste en vigueur dans le domaine des hydrocarbures et que les réglages portent essentiellement sur les incitatifs à même de rendre le domaine minier national plus attrayant et plus concurrentiel. Depuis l’annonce par l’actuel exercice de sa volonté de promulguer la nouvelle loi sur les hydrocarbures, suivie d’une soudaine accélération du processus en vue de son adoption, économistes et experts ont sonné le tocsin sur le risque de faire fausse route, comme ce fut le cas en 2013, soulignant qu’une nouvelle loi sur les hydrocarbures dans la conjoncture actuelle pourrait s’avérer insuffisante pour capter les investisseurs étrangers. D’autant plus que le cabinet britannique Oxford Institute for Energy Studies dresse des perspectives pour le moins sombres du secteur gazier algérien. Dans leur document, les experts du cabinet britannique soulignent que le secteur algérien du gaz naturel fait face à de sérieux défis, à savoir la croissance rapide de la demande, la stagnation de la production ainsi que le déclin des quantités dédiées à l’exportation. Oxford Institute for Energy Studies fait constater que les hommes politiques algériens ont pris conscience de la gravité des problèmes auxquels est confronté le secteur gazier du pays. « Mais il est clair que la volatilité politique continue de saper la politique du secteur de l’énergie. Une façon de dire que l’incertitude politique qui mine le pays fait que le secteur de l’énergie continue de naviguer à vue faute d’une politique énergétique stable et constante.