Le nouveau décret portant grille indiciaire des salaires, qui se traduit par un relèvement des salaires de la Fonction publique allant de 2000 à 6000 dinars, n’est pas du goût des syndicats autonomes. Tous restent pratiquement sur leur faim et s’accordent à dire que cette hausse des rémunérations «soumises aux retenues», précisent-ils, est insuffisante par rapport à l’inflation accélérée et à la dégradation du pouvoir d’achat. La Confédération des syndicats algériens (CSA) annonce des actions de protestation.

PAR NAZIM BRAHIMI
Avis de contestation sur le front social. La Confédération des syndicats algériens (CSA), qui regroupe une dizaine d’organisations de diverses catégories professionnelles de la Fonction publique, annonce le passage à l’action de protestation. Elle signifie ainsi son mécontentement, voire sa déception, né de la dernière révision de la grille indiciaire des salaires qui n’a pas été à la hauteur des attentes des travailleurs.
Si la CSA n’a pas révélé la forme que prendra la contestation ni la date de son déclenchement, deux questions qui seront «arrêtées prochainement après concertation des syndicats», il ne fait point de doute qu’elle mise sur un mouvement qui sera l’expression de la colère des fonctionnaires.
Fortement attendu par les fonctionnaires, la révision de la grille indiciaire des salaires n’a pas été la bouffée d’oxygène souhaitée dans un contexte de poussée inflationniste et d’érosion du pouvoir d’achat. Le volume de la révision du point indiciaire des salaires est tellement «décevant» qu’il a eu l’effet d’une douche froide pour les salariés de la Fonction publique qui attendaient plutôt une augmentation conséquente.
La colère couve, en effet, depuis la publication dans le Journal Officiel du Décret portant grille indiciaire des salaires dont l’augmentation a été «insignifiante», témoignent des voix exerçant dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’enseignement supérieur, de l’administration publique, de la formation professionnelle, de la solidarité nationale, des affaires religieuses…
Faisant d’emblée état de «la colère, de la consternation et du rejet» de la dernière révision de la grille indiciaire des salaires», les syndicats de la CSA demandent, dans le communiqué qui a sanctionné la réunion tenue avant-hier lundi, «la révision de la valeur du point indiciaire (qui est de 45 DA depuis 2007), du régime indemnitaire» et réclament «la création d’un Observatoire national du pouvoir d’achat». Pour la même CSA, la nouvelle grille indiciaire des salaires «ne rééquilibre pas le pouvoir d’achat, devant la hausse vertigineuse et continue des prix qui a laminé la classe moyenne, les catégories précaires et des corps communs».
Dans son préambule dédié à l’analyse de la situation sociale qui prévaut dans le pays, la CSA dit regretter que le travailleur algérien «vit des conditions difficiles sur le double plan professionnel et social» au moment où les travailleurs du monde entier s’apprêtent à célébrer leur fête du 1er Mai et les acquis réalisés». Une situation à laquelle s’ajoutent l’attitude du gouvernement qui «continue d’ignorer les revendications des travailleurs, comme lors du dernier mouvement dans les wilayas du Sud pour les primes de zone, et l’exclusion de la CSA des projets de révision des textes, notamment le décret 22/138», ont pointé les animateurs de la CSA.
«La déception des fonctionnaires est d’autant plus grande qu’aussi bien le gouvernement que les syndicats avaient laissé entendre que cette augmentation sera conséquente. Ce qui, malheureusement, n’a pas été le cas», a affirmé M. Bouderba, militant syndicaliste, expert des questions sociales et du monde du travail, dans une déclaration à Reporters. La révision du point indiciaire est la troisième mesure du gouvernement dans le registre des salaires et la préservation du pouvoir d’achat des fonctionnaires.
La première mesure a été l’exemption de l’IRG de tous les salaires inférieurs à 30 000 DA l’été 2020, la deuxième a porté sur la réduction de l’IRG à partir de janvier dernier et actuellement la révision du point indiciaire. Mais pour M. Bouderba, «l’augmentation du Salaire national minimum garanti (SNMG) et de tous les salaires est une urgence nationale», estimant que l’Algérie peut augmenter les salaires des fonctionnaires. n