PAR MILINA KOUACI
Les établissements scolaires des trois cycles seront confrontés à des perturbations. Le Conseil national autonome du personnel de l’éducation du secteur ternaire (Cnapeste) a décidé de maintenir la pression et de poursuivre son mouvement de grève. Le syndicat a convenu, également, de passer à la mobilisation régionale dans les wilayas et régions du pays, mais aussi de boycotter les activités administratives. Des décisions prises à l’issue de son conseil extraordinaire tenu vendredi et samedi dernier à Blida.
A moins que le ministère de l’Education nationale ne décide de prendre les mesures nécessaires pour rétablir la sérénité dans les écoles, les enseignants des trois cycles ne remettront pas les notes des élèves à l’administration. Le boycott des activités administratives va compromettre les conseils de classe et la remise des bulletins aux parents. Une décision qui suscitera l’ire des parents et créera des tensions avec les enseignants.
Après les devoirs surveillés, organisés entre le 24 octobre et le 4 décembre, quelques semaines séparent les élèves des examens du premier trimestre. Dans le cycle primaire, ils auront lieu du 30 novembre au 9 décembre prochain, et du 28 novembre au 2 décembre 2021 dans les cycles moyen et secondaire. Les enseignants affiliés au Cnapeste vont encadrer les examens et corriger les copies de leurs élèves, mais sans remettre les notes à l’administration qui ne pourrait ainsi calculer la moyenne générale des apprenants ou remettre les bulletins aux parents.
L’année passée, lorsque des syndicats enseignants avaient fait planer la menace de boycott des examens officiels et des activités administratives, le ministère leur a reproché d’hypothéquer l’avenir des élèves et d’enfreindre les lois en vigueur, en portant atteinte à la continuité du service public de l’éducation et de l’enseignement. Pour le cas du Cnapeste, le syndicat estime que le ministère campe sur sa politique «d’atermoiement et de fuite en avant, sans résoudre les problèmes du secteur ni respecter ses engagements» et ce, à un moment où la tutelle poursuit ses efforts pour prendre en charge les revendications socioprofessionnelles de son partenaire social à travers les rencontres bilatérales consacrées à la révision du statut particulier des travailleurs de l’Education. D’ailleurs, le Cnapeste observe aujourd’hui et demain sa grève cyclique de deux jours pour réclamer la concrétisation de ses revendications socioprofessionnelles. Les principaux motifs du mouvement de protestation sont l’effondrement du pouvoir d’achat des travailleurs du secteur de l’Education et les conditions socioprofessionnelles. Le syndicat exige une révision des salaires et des indemnités et primes du personnel. Il revendique, également, l’ouverture de nouveaux postes budgétaires pour mettre fin à la pression exercée sur le personnel enseignant qui dispense, au quotidien, un volume horaire important. Le syndicat réclame le rétablissement de la retraite anticipée, médecine de travail, et de la facilitation à l’accès au logement pour les enseignants. Le Cnapeste dénonce, par ailleurs, les entraves au libre exercice syndical tout en déplorant les poursuites judiciaires à l’encontre des syndicalistes du secteur. n