Parmi les mesures contenues dans le plan d’action du gouvernement, présenté jeudi dernier au Parlement, figure également le recours au partenariat public-privé, au factoring, la création de la banque postale et de la banque de l’habitat, ainsi que la dynamisation de la Bourse à travers l’introduction dans ce marché financier de deux banques publiques en vue d’accroître sa contribution au financement de l’économie.

Par Khaled Remouche
La partie banques, finances et financement de l’économie occupe une bonne place dans le plan d’action du gouvernement Benaderrahmane, un texte de 87 pages. Parmi les principaux effets d’annonces dans cette partie, le recours à l’argent de l’informel pour faire face au manque de ressources financières, la lutte contre le marché noir de la devise, la réduction des subventions, le recours au partenariat public-privé pour financer les infrastructures, le factoring pour soutenir les PME, la création de la banque postale et de la banque de l’habitat.
Le document rappelle la haute importance du volet financement de l’économie dans le processus de redressement de l’économie nationale en butte à un manque de ressources pour financer le budget de l’Etat et notamment couvrir les besoins en investissements publics. En ce sens, la feuille de route prévoit la réforme du secteur bancaire et financier, un axe capital du programme du gouvernement. «La réforme et la modernisation du secteur bancaire et financier constituent la pierre angulaire de la réussite de toutes les réformes économiques. Avec l’amélioration du climat des affaires, elle constitue la clef de voûte de toutes les réformes. Ce plan vise, en outre, la diversification des sources de financement en déployant des capacités nécessaires et les formules appropriées pour rétablir les liens de confiance, notamment avec la sphère informelle afin de renouer avec l’inclusion économique et financière. La diversification des sources de financement, c’est-à-dire hors budget de l’Etat, concerne également les infrastructures en vue de préserver les ressources budgétaires qui sont actuellement limitées. L’argent de l’informel est ainsi appelé à la rescousse. Parmi les mesures contenues dans la réforme du secteur bancaire et financier figure, lit-on dans le document, la captation de masse monétaire circulant dans le secteur informel (ndlr, estimée à environ 40 milliards de dollars) par la restauration de la confiance du citoyen en ses institutions bancaires et financières. Cela passe également dans cette feuille de route par le recours à la finance islamique, avec comme actions «le développement du cadre réglementaire et institutionnel de la finance islamique comme celle de Sukuk et Takaful, qui peut constituer une alternative très attrayante pour capter une part considérable de cette épargne hors du secteur bancaire et financier conventionnel. Le document prévoit la réforme des subventions. Elle est à l’étude, indique le texte qui ne précise pas la date de lancement de cette réduction des subventions. Autre mesure en ce sens, le recours au réseau postal : l’amélioration de l’inclusion financière à travers une plus grande implication du réseau postal dans la fourniture de services financiers. A cet égard, le gouvernement vise la création d’une banque postale. Une banque de l’habitat est également prévue à travers la transformation de la CNL en institution dédiée à ce secteur. Il prévoit également la lutte contre le marché noir de la devise. Elargir l’accès aux services bancaires fait également partie de cette batterie de mesures destinées à moderniser le secteur bancaire et financier. En un mot, la mesure porte sur la densification du réseau bancaire et des assurances pour un accès aux mêmes prestations sur tout le territoire national. Figure également le déploiement des banques algériennes à l’étranger. La révision de la politique des changes n’est pas en reste. Les changements en matière de change visent, lit-on, «à mieux répondre aux besoins des exportateurs et être au diapason du processus inévitable d’ouverture de l’économie, pour un meilleur accompagnement des investisseurs dans leurs quêtes de parts de marché à l’export. La feuille de route du volet finances inclut la redynamisation de la Bourse à travers, en particulier, l’introduction de deux banques publiques «afin d’accroître la contribution de la Bourse à la mobilisation de l’épargne et au financement de l’économie».
Le gouvernement prévoit dans ce plan d’actions la mise en place d’un cadre réglementaire pour la micro finance et le capital risque, ainsi que pour le partenariat public-privé, source de financement des projets d’infrastructures. La feuille de route prévoit, en outre, la poursuite de la réforme budgétaire, fiscale ainsi que des finances locales et des taux d’intérêt attractifs pour des projets d’investissement dans certains secteurs en contrepartie de l’obligation de résultat.
On peut regretter enfin, que ce plan d’actions ne fournisse pas d’indications sur le mode d’emploi d’application de ces mesures, notamment sur l’échéancier de mise en œuvre des actions ni de détails sur le financement de ces chantiers ni l’agencement de ces mesures à court et moyen termes ni le calendrier relatif à l’évaluation des actions gouvernementales réalisées ou en cours de réalisation.