Les Etats-Unis ont annoncé mercredi l’envoi d’un navire de guerre et d’avions de chasse pour aider les Emirats arabes unis contre les Houthis face à la multiplication d’attaques de ces rebelles yéménites contre le pays
du Golfe, où sont postées
des troupes américaines.

Par Mohamad Ali Harissi
Ce déploiement, dont la date n’a pas été précisée et qui doit «aider les Emirats arabes unis à faire face à la menace actuelle», fait suite à un appel téléphonique mardi entre le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, et le prince héritier d’Abou Dhabi et dirigeant de facto du pays, Mohammed ben Zayed al-Nahyane, a indiqué dans un communiqué l’ambassade des Etats-Unis aux Emirats. Les Emirats font partie d’une coalition militaire dirigée par l’Arabie saoudite, qui vient en aide depuis 2015 au gouvernement du Yémen, en guerre contre les Houthis soutenus par l’Iran. En janvier, ils ont été la cible de trois attaques des Houthis. Le 17, une attaque de drones et de missiles contre des installations pétrolières et l’aéroport d’Abou Dhabi a fait trois morts. Le 24, deux missiles balistiques dirigés contre la base aérienne d’Al-Dhafra, où sont stationnées les forces américaines, ont été interceptés par ces dernières. La dernière attaque, survenue lundi, a coïncidé avec la première visite officielle du président israélien Isaac Herzog aux Emirats depuis que les deux pays ont normalisé leurs relations en 2020. Le destroyer lance-missiles USS Cole, actuellement à Bahreïn, s’associera à la marine émiratie et fera escale à Abou Dhabi, selon le communiqué, qui précise que Washington déploiera également des avions de combat de cinquième génération.

«Signal clair»
Par ailleurs, les Etats-Unis continueront à fournir des renseignements pour la prévention d’attaques, d’après le communiqué. Cette aide est un «signal clair que les Etats-Unis soutiennent les Emirats, partenaire stratégique de longue date», est-il ajouté. Peu après sa prise de fonction, en février 2021, le président américain Joe Biden a retiré le soutien américain à la coalition intervenant au Yémen, revenant sur la politique de son prédécesseur Donald Trump. Toutefois, Washington a approuvé en novembre la vente de missiles air-air d’une valeur de 650 millions de dollars (574,6 millions d’euros) au royaume saoudien. Une vente de matériel militaire américain aux Emirats, approuvée dans les dernières semaines du mandat de Donald Trump et incluant 50 chasseurs furtifs F-35, pour un montant de 23 milliards de dollars, reste en cours de négociation. La multiplication des attaques des Houthis contre les Emirats, riche pays du Golfe à la réputation d’oasis de paix au Moyen-Orient, marque une nouvelle étape dans la guerre du Yémen déclenchée en 2014. Les Emirats ont averti lundi qu’ils étaient «totalement prêts à faire face à toute menace» et à prendre «toutes les mesures nécessaires pour protéger» leur territoire. En janvier, la coalition a mené en représailles plusieurs attaques aériennes contre les Houthis. Les rebelles ont assuré que leurs opérations contre les Emirats prouvaient leur «détermination à mettre à exécution leurs menaces, tant que les Emirats poursuivent leur agression». En 2019, les Emirats avaient «redéployé» leurs troupes alors présentes au Yémen tout en restant un acteur influent dans le conflit. Les forces émiraties ont entraîné et armé des milices progouvernementales yéménites qui ont infligé des revers ces dernières semaines aux Houthis. Abou Dhabi a appelé à plusieurs reprises Washington à replacer les rebelles sur la liste américaine des organisations terroristes, dont ils avaient été retirés l’année dernière pour faciliter le travail des humanitaires dans le pays. En plus de sept ans de guerre au Yémen, l’ensemble des acteurs du conflit ont été accusés de «crimes de guerre» par des experts de l’ONU. Mise en cause pour de multiples «bavures», la coalition a reconnu des «erreurs» mais accuse les rebelles d’utiliser les civils yéménites comme boucliers humains. Selon l’ONU, le conflit au Yémen a fait 377.000 morts et poussé les 30 millions d’habitants du pays au bord de la famine. (Source AFP)