Le gouvernement a décidé d’abandonner le régime des licences d’importation, instauré, on s’en souvient, dès 2015, pour limiter la saignée en devises que provoquait l’importation à tout-va ! Le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, qui en a fait l’annonce hier, a dû en surprendre plus d’un, même si les statistiques du commerce extérieur publiées ces deux dernières années ont fait ressortir, par les chiffres

, « l’inefficacité » d’un tel dispositif qui a non seulement provoqué des pénuries de produits soumis aux contingents, mais déstabilisé la sphère économique productive qui a manqué de « matière première », car, producteurs et importateurs mis dans le même sac. Désormais, la régulation du commerce extérieur se fera autrement ; selon la logique de la taxation. Libre à chacun d’assumer de se détourner du produit local et de payer plus cher le produit importé. Mais il ne s’agit pas à proprement dire de consommation, mais plutôt de trouver les mécanismes adéquats et les plus logiques pour protéger à la fois l’outil de production nationale et réguler le commerce extérieur et ne pas se mettre à dos les partenaires économiques et commerciaux de l’Algérie. Ce qui passera par une sorte de « dissuasion fiscale », vu que, selon M. Benmeradi, il s’agira d’élargir la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation (TIC), au taux de 30%, pour 10 familles de produits finis ainsi que le relèvement des droits de douanes, pouvant atteindre 60%, pour 32 familles de produits finis. Il est attendu de ces deux mesures de permettre non seulement l’amélioration de la compétitivité des produits locaux par rapport à ceux importés, mais aussi la valorisation des recettes budgétaires sur les opérations d’importation de certains produits. De plus, quelque 900 produits ne seront plus importés, tout simplement. Il reste l’importation automobile qui, elle, n’est pas concernée par cette mesure ; tant il est question de laisser émerger une industrie automobile naissante en empêchant que son élan soit rompu par un retour aux années fastes de l’import-import, en particulier dans l’automobile. Il reste à connaître quelles seront les conséquences de ce nouveau dispositif de régulation du commerce extérieur, et de surveiller la réaction des partenaires de l’Algérie, à leur tête l’UE.