Par Sihem Bounabi
Les pharmaciens d’officine, exaspérés par les multiples agressions de plus en plus violentes de délinquants en quête de psychotropes, tirent la sonnette d’alarme et lancent un énième appel de détresse aux plus hautes autorités de l’Etat afin d’intervenir pour mettre fin à cette situation qui devient de plus en plus dangereuse et menace la vie et les biens de ceux qui sont au service de la santé et des citoyens.
A cet effet, le Syndicat national des pharmaciens d’officine (Snapo) a publié, hier, un nouveau communiqué pour alerter sur le climat d’insécurité dans lequel travaillent les pharmaciens, en signalant qu’après les agressions violentes des pharmacies à Tébessa et à Oum Bouaghi, une nouvelle agression a été enregistrée, le 7 juin, dans la wilaya d’El Oued.
Ainsi, lundi dernier, une bande armée de sabres et de couteaux a attaqué une pharmacie pour se ravitailler en psychotropes. Encore une fois, le pharmacien et les employés de la pharmacie ont réussi à avoir la vie sauve, grâce à l’intervention des citoyens et des services de sécurité. Dans ce climat marqué par la peur et les menaces récurrentes, les pharmaciens lancent un appel à toutes les autorités concernées pour mettre fin à leur calvaire en appliquant des sanctions sévères envers les agresseurs afin que de tels actes violents ne puissent se reproduire.
Le Snapo réclame que ces agressions avec coups et blessures, à l’arme blanche et destruction des biens des pharmaciens «ne doivent plus bénéficier de l’impunité ni de la passivité que nous constatons avec regret et amertume». Rappelons qu’à ce sujet, suite à l’agression la semaine passée d’une pharmacie à Oum El Bouaghi avec coups et blessures et menace de mort avec un sabre, l’agresseur, qui est passé en comparution immédiate, a écopé de seulement six mois de prison avec sursis et remis en liberté, au grand désarroi des pharmaciens.
Face à cette injustice, les pharmaciens réclament, d’une part, plus de rigueur dans l’application de la loi et, d’autre part, la révision des textes législatifs pour alourdir les peines pénales des agresseurs. Le Snapo et l’ensemble des pharmaciens réclament, aujourd’hui, que des mesures concrètes soient prises de toute urgence pour protéger les pharmaciens et garantir leur sécurité. Il s’agit notamment des sanctions sévères dans la loi 04/18 ou bien dans le code pénal contre ce type d’agression. Le Snapo réclame également d’introduire des mécanismes de sanction sévère envers ce type d’agression contre les pharmaciens dans la loi sanitaire 18/11. Il rappelle que les pharmaciens d’officine sont des professionnels de la santé au service des citoyens et qu’ils doivent être protégés par la loi pour exercer leur métier en toute sérénité et sécurité.