Une nouvelle action de protestation est prévue, aujourd’hui, dans les établissements de santé publique. Il s’agit de la grève des médecins spécialistes affiliés au Collectif autonome des médecins spécialistes algériens (Camsa) qui tentent, eux aussi, de mettre en place une nouvelle organisation syndicale autonome.

Non encore agréé, le Collectif autonome des médecins spécialistes algériens (Camsa) a appelé tous les médecins spécialistes du secteur public à faire grève aujourd’hui et demain. Le but de cette action de protestation est de faire pression sur la tutelle pour qu’elle ouvre les portes du dialogue avec les syndicats représentatifs, dénoncer le traitement « violent » réservé aux revendications des médecins résidents, déplorer le refus des pouvoirs publics d’autoriser la tenue de l’assemblée générale constitutive du Camsa et, enfin, exiger des mesures de sécurité adéquates dans les lieux de travail notamment pendant les gardes de nuit.
A l’exception des gardes et des cas urgents, les médecins spécialistes relevant du secteur public sont appelés à l’arrêt de travail de deux jours. Cette action pourrait être reconduite, menacent les responsables du collectif.
Cette grève viendra compliquer davantage la situation dans les structures de santé publique déjà fortement pénalisées par la grève des médecins résidents qui se contentent maintenant des gardes de jour. Les autres tâches médicales, à savoir les gardes de nuit et les consultations sont boudées depuis quelque temps.  Ainsi les médecins généralistes et le personnel paramédical seront seuls devant les malades.
En outre, le collectif des médecins spécialistes a lancé, dimanche soir, un appel à la corporation médicale pour qu’elle unisse ses rangs en vue de créer un rapport de force en sa faveur. « La santé algérienne passe par une crise sans précédent, le médecin algérien se retrouve dans une impasse devant l’échec du système de santé », lit-on dans le communiqué du syndicat. Ce dernier ajoute : « Les évènements récents qui se sont succédé témoignent de la gravité de la situation. Le médecin algérien est touché dans sa dignité, malmené, méprisé, à l’image de ce que subissent nos confrères résidents qui ont été agressés, blessés, insultés, embarqués dans des fourgons comme de vulgaires criminels.» En clair, le Collectif autonome des médecins spécialistes lance un appel à la corporation médicale pour s’unir, afin de restituer ce qu’il appelle « la dignité du médecin algérien et œuvrer pour sauver le système de santé ». « Aujourd’hui, la corporation médicale est plus que jamais consciente de l’agonie du système de santé et tire la sonnette d’alarme. Il n’est plus acceptable pour nous de ne pouvoir prodiguer des soins de qualité à nos concitoyens », précise le communiqué. Cet appel a eu d’ores déjà un écho favorable auprès des médecins généralistes. En effet, le Collectif autonome des médecins généralistes a annoncé, dans un communiqué, sa participation au sit-in programmé aujourd’hui dans les structures de santé publique.

Les médecins résidents optent pour le durcissement du ton
Par ailleurs, en grève depuis cinq mois, les médecins résidents ne comptent pas baisser le ton ou faire de concessions. Réunis le week-end dernier dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès, les dirigeants du Collectif des médecins résidents ont pris acte de l’absence d’une réponse convaincante de la part de la tutelle, a-t-on appris du chargé de communication du mouvement Dr Mohamed Taileb. «Nous avons constaté que les négociations avec le ministère de tutelle sont dans l’impasse. Aucune avancée n’est à signaler », a-t-il affirmé. Avant de révéler que la direction de son organisation a opté pour une action de protestation dont la nature et la date seront communiquées ultérieurement. « Nous allons révéler publiquement notre futur plan d’action dans quelques jours. Ce que je peux vous dire pour le moment, c’est que nous allons passer à une étape plus osée dans notre combat », a-t-il dit, tout en précisant que les actions déjà en cours sont reconduites. « Les actions déjà en cours, à savoir la grève, le boycott des DEMS et autres, sont maintenues », révèle-t-il. A une question sur l’appel lancé par le Collectif autonome des médecins spécialistes algériens pour l’unification de la corporation médicale, notre contact affirme que son organisation n’a pas reçu d’offre officielle, mais il estime que l’idée est bonne. « Nous n’avons pas été contactés officiellement, mais nous pensons que l’idée est géniale. »   

Le communiqué du ministère, un non-événement
Interrogé sur le communiqué publié par le comité intersectoriel, institué par le ministère de la Santé, selon le Dr. Mohamed Taileb le document en question n’apporte rien de nouveau. « Ce sont de vieilles propositions largement en dessous de nos aspirations », a-t-il réagi. Il explique : « Pas de changements ni pour le service civil ni pour le service national. Pour nous, il s’agit d’un non-événement ». Les autres points du communiqué, selon lui, existent déjà. « Le regroupement familial existe déjà, le congé de maternité est garanti par la loi et la prime dont ils parlent remonte à 1998. Je ne vois pas où est l’avancée ou les nouveaux acquis », s’interroge-t-il. Il enchaîne : « On fait passer des mesures déjà existantes pour de nouveaux acquis. »