Le désaccord entre le président de l’Union des écrivains algériens et le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi a connu, hier, un nouvel épisode, lors du point de presse animé par Youcef Chagra au siège du journal « El Hiwar ».

Abordant longuement l’histoire de l’Union des écrivains, notamment depuis la fondation officielle, tout en revenant sur les difficultés qu’il a lui-même rencontrés dès son premier mandat à la tête de la structure en 2009, l’intervenant, après être revenu sur l’historique de l’Union et ses différentes activités, a fait le choix de rétorquer au ministre de la Culture en portant, à son tour, des accusations de mauvaise gestion. «Ce conflit avec le ministre de la Culture que nous respectons pour sa fonction, c’est évident, est né à cause de son ancienne adhésion à l’Union et son ancienne fonction de président de l’UEA. Tout le monde le sait». Il explique en substance que ce qui se cache derrière ce conflit et ce qui est à l’origine de cette affaire, c’est sa réussite en tant que président de l’union. Il a mis en lumière les défaillances et la mauvaise gestion de cette structure par l’ancien président de l’UEA, Azzedine Mihoubi.

En effet, évoquant l’existence de désaccords personnels, il souligne que «nous n’avons pas d’opposition avec le ministère de la Culture en tant que secteur mais bien avec la personne de Azzedine Mihoubi. Il n’est apparemment pas encore convaincu qu’il est ministre et qu’il n’est plus président de l’Union des écrivains», ajoutant qu’«il faut qu’il nous considère comme toutes les autres structures, pourquoi ne parle-t-il pas des autres associations, de ce qu’elles produisent au lieu de parler de nous à chacune de ses sorties médiatiques», dit-il. Pour rappel, ce conflit est apparu au grand public le 28 juillet dernier, après que l’Union des écrivains algériens (UEA) a publié un communiqué accusant notamment le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi de «marginaliser» et de «minimiser» l’action de l’union.

Le ministre avait sèchement répondu une semaine plus tard, soit le 4 août, en dénonçant, à son tour, le faible bilan de l’UEA en termes d’activités culturelles, mais surtout son « incapacité à représenter les écrivains en Algérie même et d’autant plus à l’international».

Yousef Chagra a répondu donc ! Sur l’inactivité sur le terrain, «nous travaillons selon les moyens que nous avons », dit-il. « Si nous la comparons à notre budget, notre activité est très bonne. Mais si l’on compare à ce qui devrait être, il est vrai que nous sommes encore loin de nos ambitions». Il ajoutera : «Je reconnaîs que l’une de nos faiblesses est le manque de médiatisation de nos activités. On va y remédier et nous sommes ouverts à toute proposition ou tout conseil pour nous aider dans ce cadre».

Revenant également sur la question de la légitimité de l’UEA à représenter la profession en Algérie et à l’international, Youcef Chagra précise : «Quand nous déclarons que l’UEA représente les écrivains algériens à l’étranger, certains ne nous ont pas cru et d’autres se sont opposés. Mais c’est la vérité ; nous sommes présents dans plusieurs organisations mondiales dont nous sommes des membres influents.

Et dernièrement, j’ai participé à une rencontre de l’union des écrivains arabes où la voix de l’Algérie s’est imposée».

Par ailleurs, Yousef Chagra avait été personnellement accusé par le ministre de la Culture d’être connu «que pour la préparation de voyages ». Le président de l’union, à lui seul, a obtenu 7 participations à des festivals aux Emirats arabes unis, en Egypte, en Irak ou encore en Syrie. Il a aussi répondu à cette accusations en affirmant que «nous ne partons pas faire du tourisme, c’est dans la cadre de notre travail de représentation de notre pays. Il y a des enjeux importants pour l’Etat algérien lors de ces rencontres internationales et c’est notre devoir d’y être».

Par ailleurs, il ajoute à propos de l’aide qu’apporte le secteur de la culture à l’UEA que «le ministère de la Culture ne nous nous a pas donné le millième auquel nous avons droit». Précisant ainsi que «depuis le départ de Khalida Toumi, qui nous avait apporté, durant son mandat, une aide annuelle, nous permettant d’intensifier nos activités, la seule aide que nous avons eue fut un soutien pour l’organisation de trois manifestations du temps de Nadia Labidi.

Il nous a fallu attendre décembre 2017 pour que le ministère de la Culture nous alloue une subvention de 270 millions de centimes».