Les relations bilatérales algéro-françaises avancent à pas sûrs et les présidents des deux pays ont affirmé leur «détermination» à travailler, ensemble, pour «l’approfondissement» de leur coopération qui tend à se réchauffer et tourner la page de la brouille de l’automne dernier.

PAR NAZIM BRAHIMI
C’est du moins ce qu’a indiqué, hier, la présidence de la République en rendant publique la communication téléphonique qu’a eue le président Abdelmadjid Tebboune avec son homologue français, Emmanuel Macron. Ce nouvel échange atteste, selon toute vraisemblance, qu’entre Alger et Paris le cap est désormais mis pour «hisser» leurs relations bilatérales et atteindre «un niveau d’excellence». «Le Président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune a eu aujourd’hui une communication téléphonique avec le président de la République française, M. Emmanuel Macron, au cours de laquelle ils ont évoqué les relations bilatérales et affirmé leur détermination à œuvrer pour leur approfondissement, notamment au regard du rapprochement de vues entre les deux Présidents et leur grande convergence à hisser ces relations à un niveau d’excellence, particulièrement après la réélection du Président Macron pour un nouveau mandat», lit-on dans le communiqué d’El Mouradia.
La communication téléphonique a également permis de passer en revue «plusieurs dossiers, en tête desquels celui du Sahel et de la situation en Libye, outre des questions régionales et internationales d’intérêt commun», selon la même source.
Dans ce registre, la communication Tebboune-Macron succède à celle qui a eu lieu, il y a quatre jours, entre le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, et son homologue française, Catherine Colonna. L’entretien entre les chefs de la diplomatie, le premier depuis la réélection du président Emmanuel Macron, a permis aux deux parties de mettre en évidence «la qualité et la densité» des relations algéro-françaises ainsi que les échéances importantes qui s’offrent pour en assurer la stimulation dans plusieurs domaines.
A cet égard, les deux ministres ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts en vue de traduire les orientations stratégiques des présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron visant à bâtir un «partenariat équilibré et mutuellement avantageux basé sur le respect mutuel et la coopération fructueuse».
Les deux diplomates ont évoqué, par la même occasion, des questions «d’intérêt commun aux niveaux international et régional au sujet desquelles ils sont convenus d’intensifier les consultations entre les deux pays. Sur un autre plan, Ramtane Lamamra a souligné que l’Algérie attache la plus grande importance à ce que les relations entre partenaires dans l’espace méditerranéen soient «conformes à la légalité internationale et mises à l’abri de toute exacerbation à travers des fuites en avant irresponsables», allusion à la crise diplomatique entre Alger et Madrid. Le 12 juin en cours, le président du Conseil de la nation, Salah Goudjil, a reçu en audience, l’Ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, pour «aborder plusieurs sujets relevant de l’histoire et de la politique qui intéressent les deux pays».
Lundi 25 avril, lendemain de la présidentielle française, le président Tebboune a fait part à son homologue français de l’esprit sur lequel vont devoir s’appuyer à l’avenir les relations entre les deux pays. «Au moment où vous inaugurez un second quinquennat que je souhaite fort pour une relation algéro-française à refonder, je mesure l’importance de l’opportunité historique qui s’offre à nous deux d’envisager et de prendre en charge l’avenir avec ambition, courage et responsabilité», a signifié M. Tebboune à son homologue. «Qu’il s’agisse de mémoire, de relations humaines, de consultations politiques ou de projections stratégiques, de coopération économique et d’interactions dans toutes les sphères de travail en commun, la vision rénovée, pleinement respectueuse des souverainetés et de l’équilibre des intérêts, que nous partageons, a le potentiel d’ouvrir à nos deux pays de vastes horizons d’amitié, de convivialité harmonieuse et de complémentarité mutuellement avantageuses», a relevé le président Tebboune. <