Jeudi 10 décembre, le secrétariat national du RCD s’est réuni pour un examen de la « situation générale du pays » et une évaluation des « activités du parti ». Cette réunion a été clôturée par un communiqué, dont le sens principal est que ce parti appelle à une « transition » afin de sortir le pays de la crise qui l’étouffe, selon les arguments qu’il développe pour motiver sa revendication. « Aucun homme, aucune institution ne peut se substituer à la volonté du peuple algérien et prétendre dans le même temps mener un projet de rénovation de l’Etat pour restituer les droits fondamentaux et les richesses du pays à la communauté nationale », affirme la direction politique du RCD, après un constat alarmant de la conjoncture politique, socioéconomique et du champ des libertés. « Un tel chantier ne peut être mené à bien sans une transition pacifique et démocratique qui prépare les conditions de l’expression de la volonté du peuple souverain », ajoute-t-elle. Le RCD indique que sa demande de changement est contenue dans son « offre de transition » du 27 mars 2019 et qu’il « œuvre depuis juin 2019, à travers le PAD, à réunir le plus grand nombre d’acteurs autour d’un processus constituant de transition ». Il suggère donc que l’alternative proposée par les forces du Pacte pour l’alternative démocratique, établie en juin 2019 à Alger, est plus que jamais à l’ordre du jour du calendrier politique national, sachant qu’il s’agit d’une initiative inspirée du Hirak.
A ce propos, le RCD déclare qu’« à travers le mouvement révolutionnaire de février 2019, le pays détient une chance historique d’opérer ce changement dans la sérénité. En effet, les millions d’Algériennes et d’Algériens, qui ont manifesté pacifiquement durant plus d’une année, ont clamé et affirmé leur attachement à l’unité de la nation, aux libertés démocratiques, au respect des droits humains, au pluralisme politique, à la fin du truquage des élections, à la promotion des langues algériennes, l’éloignement de la politique du religieux, une décentralisation territoriale effective… En somme, un consensus sur le socle de l’Algérie de demain ».
En ce qui concerne la conjoncture socio-économique, marquée par la crise sanitaire de la Covid-19 qui « n’explique pas tout », selon le RCD qui s’inquiète de l’arrêt de secteurs entiers comme le bâtiment, les transports, l’hôtellerie, le tourisme, les commerces, etc. Il cite « les dépôts de bilan en cascade des PMI/PME faute d’intrants ou de plan de charge ». Et « c’est le moment que choisit le ministre de l’Industrie pour enfoncer l’Eniem, victime, à l’instar de nombreuses grandes entreprises publiques et privées, d’un environnement fait de bazaris et de concurrence déloyale durant des années », dénonce-t-il.
Il « ne souscrit ni à la politique de la terre brûlée ni au populisme. Présentement, la sauvegarde des emplois, des entreprises et du pouvoir d’achat est un impératif. La restructuration économique exige une politique globale, cohérente et transparente. Tout le reste relève, au mieux, d’un bricolage au pire de calculs d’épicier », poursuit-il.
A ce sujet, fait-t-il savoir, « la loi de finance pour 2021, qui concentre la politique économique de ce gouvernement, illustre parfaitement le renoncement à promouvoir toute forme de production et de développement à travers l’allocation des ressources disponibles au fonctionnement et aux appareils de répression et de propagande, en sus de déficits abyssaux qu’il faudra bien faire payer, un jour, au contribuable d’une manière ou d’une autre ». n