Les célébrations du Nouvel an amazigh Yennayer 2967, jeudi dernier, ont été marquées par un riche programme de festivités, impliquant plusieurs secteurs ministériels et des caravanes culturelles qui sillonneront, jusqu’au 16 courant , une dizaine de villes du pays. Cette large mobilisation pour Yennayer 2967 dénote d’un réveil identitaire du citoyen algérien qui s’est réconcilié avec son histoire. Yennayer, «symbole de fécondité et d’abondance», est un évènement fêté à travers tout le Maghreb, a rappelé le directeur du Centre national pédagogique et linguistique de l’enseignement de tamazighte, le professeur Abderrezak Dourari, qui intervenait, jeudi dernier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Pour perpétuer cette tradition, il dit souhaiter voir l’Etat la déclarer fête nationale, pour éviter que sa commémoration ne finisse par disparaître, «l’économie n’étant plus fondée sur l’agriculture». Le professeur Dourari a expliqué, d’autre part, que chaque région célèbre Yennayer à sa manière et selon ses spécialités culinaires liées à ses particularités agraires, où le couscous trône le plus souvent en bonne place. « La perpétuation de cette fête au sein de la société algérienne est l’un des éléments symboles contribuant à cimenter son unité, à renforcer son identité et à récupérer son histoire et son algérianité », a-t-il estimé. Ce processus a été engagé, depuis 1995, avec la création du Haut-Commissariat à l’amazighité et, en 2002, à travers la consécration de tamazighte, langue nationale. Des travaux entrepris pour transcrire la langue amazighe, il reste toujours, à ses dires, à confirmer le choix
« de tel ou tel autre caractère ». Et ce n’est pas le linguiste, poursuit-il, qui va finalement décider mais le politique « qui gère la symbolique » dans le pays. « Dans la région du M’zab, on utilise des caractères arabes pour transcrire le tamazighte, en Kabylie les caractères latins et les Touaregs le tifinagh», a souligné Abderrezak Dourari, estimant toutefois, que ces différences posent problème pour l’enseignement amenant à transcrire des manuels différents en usant de ces trois caractères. «Or, ce n’est pas au ministère de l’Education nationale qu’il appartient de gérer cette question», a-t-il relevé. Par ailleurs, présent à Touggourt, si Hachemi Assad, secrétaire général du HCA, a profité du lancement des festivités pour réitérer les ambitions de son institution qui aspire en premier lieu à rendre la langue tamazight présente dans les établissements éducatifs, les medias et l’université. D’ailleurs, cette année, la célébration de Yennayer a eu lieu dans de nombreuses écoles algériennes privées et étatiques sur instructions de la ministre de l’Education nationale, ce qui constitue une grande avancée pour la culture tamazight. Étalé sur une durée de deux jours, le programme de cette manifestation prévoit l’animation, par un inspecteur du ministère de l’Education nationale, d’un cours d’initiation à la langue amazighe, ainsi qu’une conférence sur la culture amazighe et la projection d’un film en tamazight. Toujours dans le cadre de la célébration de Yennayer et depuis Beni Snouss, le ministre de la Jeunesse et des Sports a considéré Yennayer comme « une constante de l’identité nationale et culturelle, puisée de la profondeur de l’histoire nationale dont doit être fier chaque Algérien ». El Hadi Ould Ali a, par ailleurs, souligné la nécessité de « préserver cette unité du peuple algérien et de dénoncer toutes les politiques de discrimination et d’exclusion». Ajoutant qu’« il est primordial de poursuivre le travail pour atteindre la prospérité dans la diversité dont nous sommes fiers ».