Le coup d’envoi des festivités officielles pour la célébration du Nouvel an amazigh «Yennayer 2970 » a été donné, samedi, à Ouargla par le wali et les autorités locales. Un programme riche et diversifié culturel, social et académique a été mis au point par la direction de la culture pour célébrer l’évènement. Tipasa abritera, cette année les cérémonies nationales officielles. Très attachés à leur passé et aux valeurs sociales, les habitants de K’sar de Ouargla, appelé localement la Casbah, accordent une importance particulière à Yennayer, fêté officiellement depuis 2017. C’est donc l’occasion de mettre en exergue le patrimoine culturel, traditionnel et culinaire et revivifier les traditions ancestrales de la région qui remontent très loin dans l’histoire. Cette cérémonie est liée surtout aux cycles des saisons et aux activités agraires de la région. Elle est célébrée à la fin de chaque campagne de récolte de dattes.
Les ancêtres passaient, en ce temps-là, jusqu’à trois mois dans les palmeraies, loin de leurs maisons pour la récolte et le tri des dattes, appelées localement « Izadagh ». Le retour au foyer avec le fruit de la saison agricole est une occasion à célébrer, souligne Laïd Zoukh, chercheur dans l’histoire et le patrimoine amazigh de Ouargla. La coutume exige que la célébration de la fête de Yennayer à Ouargla soit estampillée d’un cachet particulier avec la préparation d’un « couscous à la tête de mouton ». Un plat culinaire typique auquel on ajoute des dattes (généralement du Ghers) pour le sucrer, très prisé par les habitants de K’sar et obéissant à un rite particulier qui marque le passage d’une période à une autre, dans un climat festif et familial. Des assiettes de ce couscous sont partagées avec les voisins et proches. Après le partage du repas, les familles ramassent les os de la tête de mouton qu’ils rassemblent dans un tissu blanc puis ils les enterrent dans l’endroit où le plat a été cuisiné, ça s’appelle « tazreft », nous raconte Lala Malkia. « Cela portera chance », dit-elle, et donne le « fel » que la nouvelle année soit une année de paix et de bonheur. Par ailleurs, une série de manifestations culturelles et artistiques et des jeux traditionnels sont programmés à travers les différents établissements culturels, juvéniles et sportifs. Une grande exposition est installée dans la cour et la salle d’exposition de la Maison de la culture. Des légumes séchés et conservés naturellement, des tenues traditionnelles notamment la malhfa ougrglie, des outils d’agriculture, de cuisines et des objets de décoration confectionnés à base de tronc et de feuilles de palmier (saâf) sont exposés durant toute l’année dans un espace à la Maison de la culture de Ouargla, visitable et accessible à tout moment. Le programme de ces festivités prévoit également des concours d’art culinaire. Environ 19 femmes participent dans ce concours pour le prix du meilleur plat traditionnel. G. C.