Que se passe-t-il vraiment à la faculté Alger 3 ? Difficile de comprendre car, en plus des différents scandales qui ont marqué l’année universitaire 2016-2017 avec l’agression des enseignants de science po, passe-droits et censure,

voilà qu’une autre affaire vient d’éclater au grand jour avec la mise à l’écart du sociologue Nacer Djabi, qui devait animer une conférence au sein de l’université de sciences politiques qui devait porter sur les élections. Indigné, le sociologue n’a pas hésité à dénoncer cette censure pure et dure à l’encontre de sa personne. «Je devais animer une conférence lors d’un événement organisé par la faculté des sciences politiques de l’université Alger 3, mais, mercredi, les organisateurs m’ont contacté pour m’informer que la conférence a été annulée en raison de ce que traversent certaines universités algériennes ces derniers jours. J’ai été convaincu par ce motif. Or, grand fut mon étonnement lorsque je me suis rendu compte, jeudi, que la conférence a eu quand même lieu. Finalement, c’est seulement mon intervention qui a été annulée sur décision du recteur de l’université 3 sous prétexte que j’étais un opposant au régime. Ce sont des enseignants et amis exerçant au sein de cette université qui m’ont informé», a écrit Djabi sur sa page officielle sur le réseau social. Cependant, le cas Djabi est loin d’être une exception.
L’enseignante Leïla Sidhoum en avait fait les frais avec le blocage de sa thèse de doctorat portant sur «le rôle de l’élite au pouvoir dans le processus de transition démocratique en Algérie 1989-2016» en juillet dernier. L’auteur de cette censure est le doyen de l’université qui avait jugé certains passages subversifs.
Pour Mohamed Rezig, coordinateur du Conseil national des enseignants du supérieur (Cnes), cette censure n’est que «le reflet du pourrissement» de l’Université algérienne.
Nacer Djabi a été qualifié d’opposant car il s’agit d’un ancien militant du Cnes, mais aussi pour ses engagements. Mais ce qui est incompréhensible, c’est qui sont ces gens pour cataloguer d’autres personnes et juger de leur nationalisme ou pas. Aujourd’hui, la faculté d’Alger 3 est dirigée par des personnes placées non selon leur compétence, mais selon leur loyauté a un système qui ne se soucie que de ses propres intérêts», dénonce le syndicaliste. En ajoutant : «L’an dernier, le département de sciences politiques devait organiser un colloque national portant sur «les dangers sécuritaires qui guettent la région du Maghreb», cependant, l’administration de l’université a refusé de financer cette activité scientifique. Malgré cela, le colloque a bien eu lieu grâce à la solidarité des enseignants qui se sont occupés de la prise en charge des invités», a-t-il fait savoir. Rappelons que le sociologue avait pris la décision, en mai dernier, de quitter l’université algérienne à qui il a offert de nombreuses années de sa vie en faisant état d’une université «à l’agonie» et «livrée à la corruption et la violence», avait-il écrit dans sa lettre d’adieux publiée sur le réseau social.