Le jugement en appel de l’affaire Sovac, qui devait reprendre hier à la Cour d’Alger, a de nouveau été reporté suite à «l’absence » de plusieurs accusés et d’avocats, a fait savoir l’APS, en ajoutant que Mourad Oulmi lui-même devait être entendu par le juge lors de la séance. Les délibérations et le prononcé du verdict se poursuivront néanmoins durant les prochains jours a fait savoir le juge de la Cour d’Alger précisant, au moment de lever la séance, que «les délibérations se poursuivront jusqu’au 17 octobre ».
Ce procès en appel «mouvementé » a déjà été reporté deux fois depuis son ouverture le 23 septembre dernier. L’audience du jeudi 25 septembre avait à elle seule provoqué un mouvement de grève d’une semaine des avocats d’Alger – puis de l’ensemble du pays – après un «désaccord » entre le juge et l’un des avocats de la défense, Maître Abdelmadjid Sellini qui demandait le report de l’audience. L’un des principaux axes de défense des avocats est en ce sens de dénoncer l’usage de la visioconférence ainsi que des «vices de formes », arguant entre autres qu’ils n’avaient pas encore eu accès à l’ensemble des pièces de l’accusation. Le principal accusé, Mourad Oulmi, est quant à lui resté sur la même ligne de défense que lors du procès en première instance, faisant savoir lors de l’audience du 24 septembre qu’il était «victime » de l’ancien ministre Abdesselem Bouchouareb, son groupe ayant travaillé «conformément à la loi réglementaire promulguée par le ministère de l’Industrie, en attendant le publication de cahier des charges ».
Affaire économique et politique, qui reste ainsi principalement liée à la corruption et au trafic d’influence, Mourad Oulmi est pour rappel accusé de «blanchiment d’argent et incitation d’agents publics à exploiter leur influence » en marge des activités de montage et d’importation de véhicules du groupe économique qu’il dirigeait. Des noms d’anciens ministres et de plusieurs hauts cadres d’institutions publiques sont également cités à des degrés divers de responsabilités. Notamment impliqués, selon l’accusation, l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, ainsi que l’ancien ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi. Khidher Oulmi, frère cadet de Mourad Oulmi, et l’ancien Président-Directeur général du Crédit populaire algérien (CPA), Omar Boudiab, sont également cités aux côtés de plusieurs cadres de cette même banque et d’anciens responsables au ministère de l’Industrie. Le verdict en première instance du Tribunal de Sidi M’hamed avait conclu, le 24 juin dernier, à de lourdes peines, le principal accusé écopant de 10 ans de prison ferme ainsi que de 8 millions de dinars d’amende. Une peine de 12 ans de prison ferme a été prononcée à l’encontre de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, et 20 ans de prison ferme contre l’ancien ministre de l’Industrie «en fuite » Abdesselam Bouchouareb, alors que Oulmi Khider avait été condamné à 7 ans de prison ferme… Par ailleurs, les accusés, personnalités morales et physiques, devaient également s’acquitter, selon le verdict en première instance, du remboursement d’un montant global de 225 milliards de centimes au bénéfice du Trésor public. n