Dans un nouveau rapport établi par l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC) et le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), depuis le début de cette année, 2,7 millions de personnes ont dû fuir leur foyer pour échapper aux conflits, à la violence et aux catastrophes naturelles, sans jamais franchir de frontière internationale.

Au premier semestre 2017, 997 000 nouveaux déplacements liés aux conflits ont été enregistrés en République démocratique du Congo (RDC), un nombre supérieur à celui observé sur l’ensemble de 2016, et 206 000 autres ont été comptabilisés en République centrafricaine, soit quatre fois plus que l’année dernière. Derrière ces chiffres, selon le rapport, des millions de personnes qui ont été obligées d’abandonner leur foyer, souvent dans la précipitation et dans des circonstances traumatisantes, et qui ne peuvent compter ni sur la protection et ni sur l’assistance de leurs gouvernements. Dans les pays dotés de capacités d’adaptation limitées et confrontés à une mauvaise gestion des affaires publiques, la majorité des personnes déplacées vivent dans des conditions d’extrême vulnérabilité et risquent souvent de voir leur vie bouleversée de nouveau et de sombrer dans la pauvreté. C’est le cas de la plupart des 12,6 millions d’Africains qui vivaient en situation de déplacement à la fin de 2016. La directrice de l’IDMC, Alexandra Bilak, a rappelé que « cette situation tragique, qui, de toute évidence, ne cesse d’empirer, nécessite une nouvelle approche allant au-delà de l’action humanitaire pour s’attaquer aux causes et aux répercussions à long terme des déplacements internes. Chacun des cas recensés est bien plus qu’un drame personnel : les déplacements mettent en péril la réalisation des objectifs de développement de l’Afrique au sens large». D’où la nécessité impérieuse pour les acteurs nationaux et les agences de développement de veiller à ce que les interventions d’urgence soient accompagnées de mesures de prévention et d’une assistance à plus long terme. «Dans les pays abritant un nombre important de déplacés de longue durée, le fait d’aider ces populations à reconstruire leur vie permettra de progresser vers la réalisation des Objectifs mondiaux de développement durable », soutient-elle encore. Il faut savoir que les conflits ont été responsables de 75 % des nouveaux déplacements observés en Afrique durant le premier semestre de 2017 et de 70 % des mouvements de population enregistrés en 2016. La RDC, le Nigeria et le Soudan du Sud figurent régulièrement parmi les cinq pays les plus touchés par ce phénomène. L’Afrique de l’Est est la région qui paie le plus lourd tribut. Il en va de même des déplacements liés aux catastrophes. Des mesures efficaces de réduction des risques contribuent à limiter les répercussions des catastrophes, le nombre de personnes déplacées et le temps qu’il leur faut pour reconstruire leur vie. Aussi alarmants les chiffres présentés dans ce rapport soient-ils, ils restent bien en-deçà de la réalité, précise encore le rapport.