PAR MILINA KOUACI
Après la révision de la loi 90-14 relative aux modalités d’exercice syndical, le Président a ordonné la préparation d’un projet de loi relatif à l’action syndicale. En Conseil des ministres, le président de la République a, en effet, instruit de rédiger un projet de loi qui doit « garantir une représentation effective des syndicats et assurer la promotion du volet socioprofessionnel des travailleurs, loin des conflits politiciens qui ont vidé l’action syndicale de sa véritable essence ».
A ce projet de loi, les syndicats autonomes veulent être associés d’autant que le texte attendu, disent-ils, sera fait pour consacrer, selon le gouvernement, les droits et les libertés syndicales et corriger les dysfonctionnements des différentes lois qui régissent le monde du travail et de l’action syndicale.
C’est le cas de l’Union nationale des personnels de la santé publique (UNPSP) et du Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) qui réagissent aux instructions de Abdelmadjid Tebboune concernant la préparation d’un projet de loi relatif à l’action syndicale.
« Le gouvernement a apporté quelques modifications à la loi 90/14 liée aux modalités de l’exercice syndical suite aux pressions du Bureau internationale du travail (BIT) et de se mettre en conformité avec les dispositions des conventions internationales du travail ratifiées par l’Algérie», dit Ayachi Benmili, président du syndicat de l’UNPSP. Il souhaite qu’un débat « inclusif » soit lancé afin de corriger les dysfonctionnements contenus dans la loi 90/14, la loi 90/02 relative aux modalités de prévention et de règlement des conflits dans les secteurs public et privé, le décret 82/303 relatif à la gestion des œuvres sociales et le décret 82/179 relatif aux œuvres sociales. « Si le partenaire social n’est pas consulté, la loi sera automatiquement décriée et apportera des problèmes et non des solutions », alerte M. Benmili, qui estime « judicieux de prendre le temps nécessaire pour aboutir à une loi respectée et approuvée par tous ».
Le président de l’UNPSP souligne avoir plaidé pour l’organisation d’une conférence nationale sur l’activité syndicale et d’élaborer une charte syndicale engageant l’ensemble des syndicats, le patronat et le ministère du Travail, réitérant son refus à l’élaboration de toute loi dont le seul objectif est de se conformer à la législation internationale.
De son côté, le président du SAP, Ghachi Lounès, dit soutenir toute loi qui consacre les libertés syndicales. « Ce serait judicieux de créer une loi qui promouvra le syndicalisme, garantira la protection du délégué syndical et des libertés syndicales ». Il poursuit : « On ne veut pas de lois qui entravent l’action syndicale en instaurant des blocages. » Le président du SAP plaide pour la protection du délégué syndical contre les restrictions et les décisions de licenciement arbitraire. n