Par Nadir Kadi
L’activité de plusieurs tribunaux d’Alger était, hier, perturbée par un nouveau mouvement de grève des greffiers. L’information a été confirmée par des avocats qui déclarent avoir «constaté des perturbations» dans la programmation des tribunaux, notamment au niveau du Tribunal de Bir Mourad Raïs. Ce mouvement des greffiers, qui fait suite à une précédente action en janvier, est toutefois resté «partiel», et n’a pas conduit à la paralysie des tribunaux. D’autres informations font, par ailleurs, état que l’action est «ponctuelle» avec pour principale motivation des revendications socioprofessionnelles de la corporation, dont la revalorisation des salaires et du pouvoir d’achat. En effet, les greffiers avaient, pour rappel, organisé en janvier dernier un important mouvement de protestation et des sit-in au niveau des tribunaux de la wilaya de Béjaïa. Les principales revendications de la corporation, indispensable au fonctionnement de la justice, étaient l’augmentation des salaires en prenant en compte la chute de leur pouvoir d’achat, mais aussi la révision de leur statut et l’amélioration de leurs conditions de travail. Des revendications que la corporation estime justifiées, d’autant que certaines remontent à plus d’une décennie. «La plupart de nos revendications traînent depuis des années, dont la première plateforme a été déposée en 2011 auprès du ministère de tutelle», avaient fait savoir des protestataires, le 6 janvier dernier, selon le quotidien Liberté. Par ailleurs, des avocats questionnés hier, ont réaffirmé le caractère indispensable du travail des greffiers dans l’élaboration, entre autres, des dossiers et du «contact» entre les avocats et les juges ; un travail qui serait toutefois «payé de manière dérisoire».
Et dans cette logique, l’une des revendications socioprofessionnelles des greffiers reste, également, le rétablissement et l’augmentation de la «prime de recouvrement des amendes judiciaires et autres frais de justice», gelée depuis octobre 2017. Une prime, prélevée à hauteur de 7% du produit du recouvrement des amendes pénales par les services du ministère de la Justice, est attribuée, en effet, aux personnels judiciaires, mais que ces derniers ne percevaient plus ou de façon aléatoire.
La mise en œuvre de l’ensemble de ces revendications auxquelles s’ajoutent également l’amélioration des œuvres sociales, la prime pour les régions Sud, l’accès au logement de fonction, la dotation en moyens matériels et techniques… selon des déclarations rapportées dans les médias, pourraient passer par «la création et l’accréditation d’un syndicat national autonome des personnels du secteur de la justice», qui aurait en charge la défense des intérêts de la corporation. Quant à la poursuite du mouvement dans les prochains jours, aucune information officielle ou confirmée ne permettait d’envisager la tournure du mouvement, les seules informations faisant toutefois état d’actions de protestations «ponctuelles». n