Par Yazid Miloudi

Ce qui n’était qu’une rumeur est devenue finalement une réalité. Les Etats-Unis vont puiser dans leurs réserves stratégiques de pétrole, avec comme objectif la diminution du prix de l’or noir. La nouvelle a été prise par le président Joe Biden, hier, et son effet sur les marchés mondiaux ne devrait pas tarder.
Il s’agit tout de même d’un prélèvement de 50 millions de barils, ce qui est loin d’être négligeable. A titre de comparaison, la production de l’Algérie, en pétrole brut, durant le mois d’octobre dernier, était de 949 000 barils par jour.
L’offensive est une action qui viendrait prouver que la situation mondiale est des plus instables. Il suffit juste de mentionner que les réserves stratégiques américaines ne sont touchées qu’en cas de catastrophes naturelles ou de crises internationales. Pour ceux qui avaient encore des doutes, maintenant c’est clair. La crise internationale est bien là, palpable, visible et non seulement dans les coulisses. Elle est d’autant grande que la décision américaine n’a pas été prise en solo. Plusieurs pays la soutiennent, et pas des moindres. La Chine, adversaire acharné des Américains, se retrouve ainsi dans le camp des alliés. Elle n’est pas seule. Il y a, également, la Grande-Bretagne, l’Inde, le Japon et la Corée du Sud.
Ainsi, un nouveau front vient de se créer et, dans ce cas précis, il se retrouve face à un autre, bien plus ancien, celui de l’Opep+ (Organisation des pays producteurs et leurs alliés). La guerre des prix est officiellement déclarée. Reste à savoir comment réagira l’organisation emmenée par l’Arabie Saoudite et la Russie, face à ce défi aux contours multiformes. D’autant plus que Biden pourrait ne pas se contenter uniquement de ces 50 millions de barils. Il ne faut pas oublier, en effet, que les réserves stratégiques américaines sont les plus importantes au monde. Selon le département américain de l’Energie, le niveau des stocks se situe, actuellement, à 609 millions, ce qui donne une grande marge de manœuvre aux Américains et à leurs nouveaux alliés énergétiques, qui se disent tous victimes des décisions de l’Opep+.