Le printemps berbère fête ce vendredi son 38e anniversaire. Que de chemin parcouru depuis le 20 avril 1980 qui avait vu des Algériens à travers toute la Kabylie, et ailleurs dans leur pays, planter les décors d’une manifestation qui n’allait plus s’arrêter de semer la revendication d’une langue tamazight officielle et d’une identité et langue berbères reconnues !

Un chemin balisé de mille et une embûches, mais sous escorte sûre d’une détermination à s’approprier des droits citoyens qui n’auront eu d’égal que cette légitimité au-dessus de toute contestation ayant servi à tirer fort la cause berbère.
Aujourd’hui, les résultats du combat sont là, et ses acquis arrachés, notamment ces dernières années, méritent d’être mis en évidence, même si ce combat reste encore à faire pour donner plus de place à l’amazighité sur le terrain du concret. En attendant, le printemps berbère de cette année 2018 porte en ses fleurs des couleurs et senteurs inédites. Il arrive dans le sillage d’un Yennayer 2968 célébré, il y a à peine trois mois, dans les instants tout aussi inédits d’une journée chômée et payée. Une fête réhabilitée dans ses droits et sa dimension nationale. Une nouvelle étape pour une fête séculaire qui marque déjà l’histoire à venir du peuple algérien tout entier tout en lui conservant ses racines beaucoup plus vieilles que ne cherche obstinément, et vainement, à raconter l’histoire préfabriquée de fausse vérité et de vrais mensonges. Mais maintenant que tamazight a réussi à acquérir le rang de réalité nationale sous l’impulsion sans répit d’un combat de plusieurs décennies mené sur le terrain du politique et du social, le défi commence désormais pour une autre catégorie de militants. Celle appelée à défendre cette langue en la protégeant de toute sorte d’instrumentalisation à des fins politiques et autres. Il s’agira, en fait, d’en faire un bien de tous les Algériens, du nord au sud et de l’est à l’ouest, et un vecteur d’unification supplémentaire.