L’Algérie a enregistré 87 nouveaux cas confirmés de coronavirus dont 13 décès en 24 heures, ce qui fait porter le total des cas confirmés à 2.070 et celui des décès à 236, a annoncé, hier, le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus, le Pr Djamel Fourar.


Les nouveaux décès ont été enregistré dans sept wilayas, à savoir Alger avec 4 cas, Blida, M’sila et Tipasa avec 2 cas chacune, Bordj Bou Arreridj, Ghardaïa et Skikda avec 1 cas de décès chacune, a précisé le Dr Fourar, lors du point de presse quotidien consacré à l’évolution de la pandémie. Il a ajouté que l’ensemble des cas confirmés de coronavirus ont été enregistrés à travers 47 wilayas, dont 46% à Blida et à Alger. Il a également noté que 8 wilayas ont enregistré entre un et trois cas chacune, au moment où 31 wilayas n’ont enregistré aucun nouveau cas hier.
Le nombre de patients sous traitement au protocole à l’hydroxychloroquine a atteint 2.890 comprenant 1.246 cas confirmés par analyses de laboratoires (TCR) et 1.644 cas suspects diagnostiqués par radiologie et scanner, selon le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie.
A propos des cas de rémissions, il a annoncé que leur nombre a augmenté à 691 guéris dont 52% dans les wilayas de Blida et d’Alger, précisant, par la même occasion, que 199 cas sont admis en soins intensifs, représentant 16% du taux d’occupation des lits disponibles.
Enfin, il a réitéré l’impératif de respecter les recommandations des spécialistes concernant les règles d’hygiène personnelle et environnementale, ainsi que des conditions de confinement sanitaire. A propos du dépistage, le directeur général de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA), Dr Fawzi Derrar, rejoint les déclarations du ministre de la Santé, le Pr Benbouzid, estimant que l’Algérie n’a pas besoin de dépistage massif et que cela ne se fait pas dans les autres pays. «Nous n’avons pas besoin, dans l’état actuel, d’un dépistage massif auquel on peut faire appel en fonction aussi des moyens de diagnostic et de dépistage dont nous disposons», a-t-il dit, assurant que «le confinement reste le meilleur moyen de casser la chaine de transmission de Covid-19». Concernant les tests de dépistage, il a indiqué que l’IPA a reçu cette semaine «jusqu’à 240 prélèvements et, à d’autres périodes, 100 échantillons. En moyenne, entre 150 et 160 tests sont réalisés par jour. Il y a une certaine stabilisation du nombre des prélèvements actuellement. L’IPA, avec ses annexes, peut analyser quotidiennement jusqu’à 400 échantillons». Dr Derrar rassure que l’Algérie est «à l’abri d’une grosse épidémie» et que celle-ci n’aura pas le profil de circulation comme aux Etats-Unis et en Europe. «Ce que je peux dire, le pic plateau en Algérie sera inférieur à celui observé en Europe et en Amérique», a-t-il souligné. «Nous atteindrons un pic épidémique qui se stabilisera. Cette stabilisation durera un certain temps jusqu’à ce que le virus ne trouve plus de sujets à contaminer. La courbe redescendra progressivement. En clair, c’est tout à fait normal qu’on recense des cas confirmés chaque jour. Cela prouve que nous parvenons à les trouver. Mais avoir un jour 100 cas et le lendemain 5.000 est un scénario non envisageable», selon Dr Derrar.
Revenant au confinement, il a expliqué que dans les wilayas comme «Blida et Alger, où le virus circule, le confinement s’impose pour pouvoir rompre la chaîne de transmission. Il reste le meilleur moyen de freiner la propagation du coronavirus». Il a cité l’exemple de la Corée du Sud, qui a adopté cette mesure «dès le début» de l’épidémie et «réduit la courbe rapidement», tandis que «les pays du sud de l’Europe ont payé cher leur retard» de confinement.

La levée des mesures de prévention doit être «progressive et contrôlée»
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a affirmé qu’une levée des mesures de prévention mises en place pour lutter contre le Covid-19 doit être «progressive et contrôlée». «Les mesures de contrôle et de prévention doivent être levées progressivement et de façon contrôlée. Cela ne peut pas avoir lieu d’un seul coup», selon une déclaration du Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, reprise par le site officiel de l’ONU. «La pandémie de Covid-19 s’accélère très rapidement, mais décélère beaucoup plus lentement», a-t-il mis en garde, s’adressant aux pays et communautés, qui après avoir subi plusieurs semaines de restrictions sociales et économiques, envisagent de les lever quand d’autres se demandent s’ils doivent les mettre en œuvre et quand. L’OMS estime que les restrictions décidées par les gouvernements ne peuvent être levées que si les bonnes mesures de santé publique sont en place, y compris une capacité importante de recherche des contacts.
Si certains gouvernements envisagent de réduire ou lever les restrictions, d’autres envisagent de les introduire. «Dans les pays à forte population pauvre, les ordres de confinement et les ordres de restrictions utilisés dans certains pays à revenu élevé peuvent ne pas être pratiques», a prévenu le Dr.Tedros, rappelant que de nombreuses personnes pauvres, migrantes et réfugiées sont déjà en surpopulation avec peu de ressources et un accès limité aux soins. Il a, en outre, indiqué que «notre connectivité mondiale signifie que le risque de réintroduction et de résurgence de la maladie continuera», soulignant que seul le développement et la mise à disposition d’un vaccin sûr et efficace pourra interrompre complètement la transmission du nouveau coronavirus. La pandémie de Covid-19 a fait près de 1,8 million de cas confirmés à travers le monde, dont plus de 111.652 décès, selon l’OMS. L’Europe est le continent le plus touché avec 913.349 cas confirmés, tandis que les Etats-Unis sont le pays qui enregistre le plus grand nombre de décès lié au nouveau coronavirus : plus de 20.000 personnes ont perdu la vie.