L’Algérie a dépassé hier la barre des 300 décès et s’approche des 2.000 cas confirmés positifs au nouveau coronavirus Covid-19. Les différents appels à la vigilance, dont le respect du confinement et les mesures de prévention, doivent être plus que jamais entendus afin d’éviter une propagation à grande échelle en ces temps de pandémie qui a fait plus de 114.000 morts à travers la planète.

Hier encore, l’Algérie a enregistré 69 nouveaux cas confirmés de coronavirus et 20 nouveaux décès, portant ainsi le nombre de cas confirmés à 1.983 et celui des décès à 313, a indiqué le porte-parole du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du coronavirus, Le Pr Djamel Fourar, lors de la conférence de de presse quotidienne consacrée à l’évolution de la pandémie.
Les nouveaux décès ont été recensés à travers 10 wilayas, à savoir Alger (4 cas), Blida (4), Sidi Bel Abbès (4), Constantine (2), et un cas dans chacune des wilayas de Mascara, Bouira, Mostaganem, Bord Bou Arreridj, Ghardaïa et Oum El-Bouaghi, a précisé Dr Fourar.. Il a ajouté que l’ensemble des cas au coronavirus ont été enregistrés à travers 47 wilayas, dont 42% ont 60 ans et plus, alors que les décès ont été recensés à travers 37 wilayas, dont 74% ont 60 ans et plus. Concernant les personnes guéries, Dr Fourar a fait savoir que leur nombre a atteint 601, dont 59% à Blida et Alger. Il a fait savoir que, depuis l’apparition du coronavirus en Algérie, 2999 personnes, entre cas confirmés et suspects, ont été hospitalisées et ont ainsi occupé 40% des lits disponibles. Dr Fourar a également précisé que 203 patients sont admis en soins intensifs, représentant ainsi 16,6% du taux d’occupation des lits disponibles. Le même responsable a fait remarquer, en outre, que 28 wilayas n’ont enregistré aucun cas au coronavirus hier et que 13 autres ont enregistré entre un et trois cas. Ainsi, après que le cap des 300 décès soit dépassé, le respect rigoureux du confinement et des consignes de prévention est plus que jamais préconisés. Le dépistage d’un plus grand nombre de personnes est également préconisé afin de pouvoir prendre en charge de façon précoce celles qui seraient atteintes de Covid-19, sachant qu’en Algérie, les sujets contacts sont, eux aussi, sont soumis au dépistage et placés en isolement pour limiter la contamination.
Mais cela ne saurait suffire, aux dires des spécialistes, dont les membres du Comité scientifiques de suivi de l’évolution de la pandémie et coronavirus avec, à leur tête, le Pr Abderrahmane Benbouzid, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. «En général, les malades ne se présentent pas tôt, c’est-à-dire qu’ils ne viennent pas les premiers jours, dans une structure hospitalière pour se faire ausculter. Ils ne viennent que lorsqu’ils commencent à ressentir des troubles, notamment une gêne respiratoire», selon le Pr Benbouzid.
A ceux-là s’ajoutent ceux qui sont des «porteurs sains, asymptomatiques, qui ignorent qu’ils sont contaminés et qui, par conséquent, contaminent d’autres». Ajouter aussi que seul le laboratoire national de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) au niveau de la capitale pouvait effectuer les analyses de Covid-19 au début, avant de voir se renforcer le dépistage dans d’autres wilayas et régions par l’ouverture d’autres laboratoires. Ce sont autant de facteurs qui font que le dépistage ne reflète pas le nombre de cas réels, ont expliqué les différents intervenants spécialistes sur le sujet. Toujours à propos de dépistage, le directeur général de l’IPA, Fawzi Derrar, qui a fait savoir que l’Institut a effectué plus de 6.500 analyses, a assuré qu’il y a suffisamment de kits de dépistage et que les capacités de diagnostiques sont toujours en place et tiennent bon, d’où le nombre de cas annoncés quotidiennement. Dans ce sens, il convient de rappeler que l’Algérie a réceptionné, vendredi dernier, 40.000 kits de dépistage qui font partie de la deuxième commande du matériel importé de Chine dans le cadre de la lutte contre le coronavirus. Outre les tests rapides qui sont utilisés de façon minime, le dépistage se fait également par le biais du scanner thoracique qui permet une prise en charge rapide du malade évitant, ainsi, la détérioration de son état de santé. Une opération dans laquelle même des cabinets d’imagerie privés ont apporté leur contribution gratuitement. Le dépistage d’un plus grand nombre qui devra être conjugué à l’effort de confinement des citoyens permettra d’avoir une idée réelle des contaminations mais aussi d’atteindre le pic, après lequel il commencera à y avoir une inflexion de la courbe, ont affirmé les membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie.
D’ici là, le confinement ainsi que les mesures de prévention restent le seul rempart contre la contamination au Covid-19 et sa propagation à grande échelle. Pourtant, des infractions continuent d’être observées malgré toutes les mises en garde pour la préservation de la santé publique. Les médecins et l’ensemble des personnels soignants ne cessent de le réitérer, à travers tous les canaux possibles d’information, et ce, malgré le manque de moyens auquel ils font face.
A l’échelle planétaire, jusqu’à hier, la pandémie de Covid-19 a fait 114.539 morts et 1.853.300 cas d’infection ont été officiellement diagnostiqués dans 193 pays et territoires depuis le début de la pandémie en décembre dernier. Les Etats-Unis, qui ont recensé leur premier décès lié au nouveau coronavirus à la fin de février dernier, sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 22.109 décès pour 557.590 cas. Après les Etats-Unis, les pays les plus touchés sont l’Italie avec 19.899 morts pour 156.363 cas, l’Espagne avec 17.489 morts (169.496 cas), la France avec 14.393 morts (132.591 cas), et le Royaume-Uni avec 10.612 morts (84.270 cas)
140.000 masques chirurgicaux pour les praticiens privés
Un lot de 140.000 masques chirurgicaux a été consacré aux praticiens privés (médecins, chirurgiens-dentistes et pharmaciens), a fait savoir le secrétaire général de l’Ordre des pharmaciens de la région de Constantine, Riad Bouhouche. «Ces 140.000 masques ont été acquis auprès de la pharmacie centrale des hôpitaux (PCH) par 17 distributeurs d’équipements médicaux désignés par les pouvoirs publics à l’échelle nationale», a-t-il précisé, ajoutant que d’ici la semaine prochaine, un autre lot plus important sera réparti sur les praticiens privés du pays.