L’Algérie est résolue à faire des vingt prochaines années une ère de développement pour l’énergie durable. Déclaré priorité nationale par les pouvoirs publics, le développement à large échelle des énergies renouvelables va commencer à prendre forme, sous peu, à travers le lancement d’un premier projet de 4 000 mégawatts, dont les appels d’offres ont commencé à être rendus publics.

« A l’horizon de 2030, le programme retenu par le gouvernement prévoit de porter cette capacité à 22 000 mégawatt, destinés à répondre à la consommation énergique accrue des Algériens», a, en effet, rappelé hier le directeur général du Centre national du développement des énergies renouvelables (CDER) qui intervenait sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale. Nourredine Yassaâ a rappelé dans ce sens que le pays possède, aujourd’hui, tous les atouts pour occuper la place de leader dans ce domaine et prévenir sa « précarité énergétique». Citant en cela un important ensoleillement, permettant d’installer de puissantes centrales photovoltaïques ainsi que la présence de nombreux chercheurs et techniciens formés dans le domaine. « Le capital de connaissance engrangé durant l’exploitation des premières centrales d’une capacité totale de 400 mégawatts, construites dans le Sud et les Hauts-Plateaux, en plus de permettre la gestion de cet important programme, contribuera à accélérer la cadence à travers le lancement d’autres projets de même type et l’exploitation de la ressource éolienne, en particulier», a-t-il soutenu. En plus de résorber une consommation énergétique interne, qui s’accroît, dit-il, de 7 à 8% chaque année et dont il rappelle qu’elle est tirée, pour une large part, de l’exploitation des ressources fossiles, Nourredine Yassaâ a affirmé que la création de stations solaires permettra, en outre, de créer de nombreuses petites et moyennes entreprises et de générer quelque 400 000 emplois.
A l’instar des grandes compagnies pétrolières dans le monde, le directeur du CDER a relevé que la compagnie Sonatrach est en train de s’investir dans l’exploitation du renouvelable, un programme, « auquel ont également été conviés à contribuer des opérateurs publics et privés et des investisseurs étrangers». En effet, la concrétisation de la transition énergétique en Algérie, qui consiste à passer d’une production basée sur les ressources fossiles à une production hybride fossile-renouvelable, tout en maximisant l’efficacité énergétique, a souvent été «recommandée» par les experts. Pour atteindre les objectifs fixés, le président Abdelaziz Bouteflika avait réaffirmé, en février 2016, l’engagement de l’État à poursuivre la mise en œuvre de ce programme. Noureddine Bouterfa, ministre de l’Énergie, a souvent noté à propos que la mise en œuvre du programme national des énergies renouvelables et celui de l’efficacité énergétique sera la seule garantie d’une croissance équilibrée et durable qui permettra d’améliorer l’allocation des ressources et la réalisation des objectifs de développement.