Noureddine Leghliel, spécialiste pétrolier, après une observation du contenu des médias économiques marocains les plus influents, pendant plusieurs années, nous dévoile les tentatives marocaines de bluffer les responsables algériens de l’énergie, c’est-à-dire de Sonatrach et du ministère de l’Energie.
Parmi les fake news véhiculées par ces médias, notamment par le réputé média économique au Maroc L’économiste, l’expert nous cite trois cas. Le premier concerne le gazoduc reliant le Nigeria et l’Algérie, un mégaprojet soutenu par l’Union africaine. Le Maroc, à travers ce média, a fait courir l’information selon laquelle ce pays a un projet concurrent avec l’aval du Nigeria. Compte tenu de l’ampleur de l’investissement, 25 milliards de dollars, et son impact et qui suppose une nouvelle route d’exportation du gaz vers l’Europe, le spécialiste affirme qu’aucun média spécialisé d’importance sur le plan international, comme Blommoberg, Reuters, n’a rapporté cette information. Ce qui prouve que ce projet qui transporte le gaz du Nigeria au Maroc en vue de son exportation en Europe est une «fiction». D’autant plus que, passant par le Maroc, il reviendrait nettement plus cher, ce pays n’a pas d’infrastructure énergétique sur place à l’opposé de l’Algérie, permettant d’amoindrir le coût. L’autre fake news véhiculée par les médias marocains est la découverte, au Maroc, de gisements de pétrole recélant des réserves de 2 milliards de barils, soit des gisements géants, par une compagnie britannique. Le spécialiste consulte alors les données de la Bourse de Londres et ce qu’il découvre est stupéfiant. Cette compagnie est une très petite compagnie avec un petit capital et surtout que le prix de ses actions n’a pas augmenté. Alors que si l’information d’une découverte de cette importance était vraie, l’action de cette compagnie aurait connu une hausse exponentielle. Le paradoxe est que le Makhzen veut donner l’image d’un pays dynamique sur le plan énergétique sur le continent alors qu’il occupe une place marginale. Le spécialiste en ce sens observe que ce pays n’a pas une seule raffinerie, avec la faillite de la société Samir, détenue par un Saoudien. Il révèle dans la foulée que les informations sur un boom des énergies renouvelables au Maroc sont également erronées. Mais il faut reconnaître que les méfaits de la propagande marocaine ne datent pas d’aujourd’hui. Depuis plusieurs années, maints et maints sites électroniques interviennent sur la Toile pour diffuser de fausses informations sur l’Algérie. Des Marocains, se faisant passer pour des Algériens, ou des Algériens manipulés par les services marocains, distillent leur haine ou de fausses informations sur l’Algérie sans que nos autorités ou les services concernés ne réagissent. L’impact de cette désinformation est qu’une partie de l’opinion publique finit par croire à ces mensonges. L’activisme marocain, en somme, contraste avec la passivité algérienne. Il a fallu que les choses prennent une telle ampleur pour que l’Algérie riposte en rompant les relations diplomatiques. La réponse, face à la guerre déclenchée sur le net, se fait attendre. K. R.