Nouredine Boudissa, directeur général d’Algerac, l’organisme qui accrédite les laboratoires de contrôle de la qualité, n’a pas manqué, hier, d’appuyer l’appel du ministère du Commerce à ne pas acheter des produits non identifiés – non étiquetés – d’autant que nous nous trouvons à la veille du mois de Ramadhan, un mois synonyme  de consommation «frénétique» !

La problématique est d’autant plus complexe que même les produits fabriqués en Algérie ne semblent pas répondre aux normes de traçabilité requises, ce que M. Boudissa admet lui-même, reconnaissant «ne pas savoir si les produits fabriqués localement obéissent à des normes, subissent les tests nécessaires avant leur mise en vente et, enfin, s’ils obéissent bel et bien à un cahier des charges». La même question est posée à propos des produits importés. Et quand on sait qu’en 2017, les services des douanes ont saisi 724 214 produits présumés contrefaits… l’ampleur du danger sur la santé de l’Algérien n’est plus à démontrer. Pour autant, l’appel à la vigilance est à mille lieues de suffire. La solution ? Aux yeux de M. Boudissa, elle passerait d’abord par la mise en place, au niveau des entreprises de production elles-mêmes, de bancs d’essais et de contrôle. En second lieu, mettre en place un réseau de laboratoires d’essais afin vérifier, valider et certifier la conformité.  
Il restera enfin à s’assurer que les inspecteurs et contrôleurs de commerce à travers le territoire national disposent des moyens de mener leur mission ! Quid des laboratoires de contrôle qualité déjà accrédités ?  Là n’est pas le problème, affirme M. Boudissa, il est dans la réglementation nationale en la matière qu’il va falloir mettre à jour. «Le jour où tout ce qui touche à la protection de la santé, de la sécurité et de l’environnement en Algérie sera obligatoirement soumis à des normes et contrôlé, le pays aura fait une avancée significative», dira-t-il. D’autant que le pays est engagé dans un processus de diversification de l’économie qui met en avant l’exportation, et qui veut exporter vers des marchés «normalisés» doit  se soumettre… aux normes. Rappelant que le gouvernement avait déjà pris à bras le corps la question de la protection des consommateurs à travers l’amendement de la loi de 2009 relative à la protection du consommateur et à la répression des fraudes. Lors des débats sur le texte, il a été souligné les contraintes inhérentes à l’activité de contrôle, entre autres le manque de formation spécialisée des agents de contrôle en matière de techniques d’investigation, de procédures de contrôle sur le marché et au niveau des frontières, l’insuffisance de la prise en charge des enquêtes…
Pour y remédier, le texte amendé traite de l’amélioration des compétences des agents de contrôle par des formations spécialisées et continues, et surtout instaure la mise en service du laboratoire national d’essais (LNE) qui, une fois opérationnel, devra renforcer le contrôle des produits industriels. Un laboratoire qui n’a pas encore vu le jour aujourd’hui, déplore M. Boudissa.