Par Nadir Kadi
Le Directeur du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER), Noureddine Yassaa, a approuvé hier la décision du dernier Conseil des ministres visant, entre autres, à «obliger» les communes du pays à utiliser l’énergie solaire dans l’éclairage public. Le responsable, par ailleurs représentant de l’Algérie auprès de l’IPCC (GIEC), déclare en effet sur les ondes de la Radio nationale, que le projet du gouvernement est «possible» dans les trois mois et, même, «indispensable» pour réduire l’utilisation du gaz naturel dans la production d’électricité.
Noureddine Yassaa rejoint ainsi les grandes lignes du compte-rendu du Conseil des ministres : «Tous les rapports montrent que la consommation interne d’énergie augmente chaque année (…) Selon la dernière étude que nous avons fait au niveau du CDER, il apparaît, qu’entre 2011 et 2020, l’augmentation a été d’environ 60%. Cela impacte nos capacités d’exportation, tout particulièrement, en ce qui concerne le gaz naturel.». En ce sens, responsable, pour qui les «énergies renouvelables» constituent une «alternative» et un appoint aux centrales thermiques, Noureddine Yassaa estime que ces «instructions strictes du Président de la République vont dans le sens d’une transformation énergétique véritable». Et la faisabilité du projet d’éclairage publique «photovoltaïque», et plus encore d’équipement de bâtiments publics de sources d’électricité solaire, serait ainsi tout à fait «possible» dans un délai relativement court de trois mois : «Cela est possible, ce sont de petits projets de 10, 20 ou 30 kilowatt (…) Des petites entreprises créées par des jeunes diplômés peuvent le faire, c’est avec ces petits projets que nous créerons des startups».
Et dans cette logique, Noureddine Yassaa rappelle que le centre qu’il préside avait lancé «un test» dès le mois de février 2021, avec le concours du secteur de l’Intérieur, pour l’installation de «kits solaires» au profit «des écoles, des zones d’ombre ou l’éclairage public». Et les résultats, 10 mois plus tard, conforteraient le responsable du CDER dans sa conviction : «Le test a concerné 600 écoles (…) avec une baisse de l’utilisation de l’énergie.» Le responsable n’a, cependant, pas chiffré cette «baisse» de la consommation éclectique ni même le gain pour le budget.
Par ailleurs, il est à préciser que Noureddine Yassaa a évoqué, hier, certaines difficultés que pourrait comporter ce programme. La première serait la nécessité de faire évoluer la législation dans le but d’imposer -ou d’inciter- à l’entreprise Sonelgaz l’achat des éventuels surplus de production d’électricité photovoltaïque. Noureddine Yassaa explique en ce sens qu’«on va vers la généralisation de l’installation de panneaux solaires sur les bâtiments publics, les écoles, les hôpitaux… Il est nécessaire que le surplus de production électrique soit utilisé par l’entreprise Sonelgaz et les bénéfices doivent être reversés aux hôpitaux et aux communes où l’électricité est produite». Quant à la rentabilité à long terme de ces installations, elle nécessiterait, selon Noureddine Yassaa, de longues périodes d’exploitations : «Ces stations doivent produire au moins 20 ou 25 ans, il faut s’assurer que les panneaux, les équipements… soient aux normes pour pérenniser la production.» Et la même rigueur doit également s’appliquer, selon le président du CDER, en ce qui concerne «l’étude» des implantations : «Il s’agit de concevoir ces stations en fonction de la demande avec des études très précises.»
Ainsi, le responsable appelle à éviter de reproduire les erreurs de précédentes années et des précédents projets d’éclairage urbain grâce à l’électricité photovoltaïque : «Il est indispensable d’avoir des normes nationales dans ce domaine. La semaine prochaine, le CDER publiera le premier document de référence dans ce domaine.» L’expérience du terrain montrerait, selon ce responsable, que les dépenses inutiles ont, en effet, été nombreuses dans ce domaine. Noureddine Yassaa déclare en substance : «Il faut des éclairages publics solaires adaptés aux spécificités du pays. Nous avons déjà vu, lors de sorties sur le terrain, que de précédents investissements lourds consentis par l’Etat sont aujourd’hui hors service. Les caractéristiques des matériels n’étaient pas adaptées. On ne peut utiliser les mêmes éclairages publics à Illizi, In Salah… qu’en Hollande ou en Allemagne.» n