Par Khaled Remouche
L’évolution des marchés boursiers internationaux inquiète. Une situation de surévaluation des indices qui pourrait conduire à une tendance baissière et qui, à son tour, entraînerait une chute des prix du pétrole.
Les perspectives en matière d’évolution des prix du pétrole d’ici la fin de l’année, voire en 2022, restent incertaines. Contacté par Reporters, Noureddine Leghliel, expert pétrolier, confirme : «Il est difficile de se prononcer sur l’évolution à court terme des prix du pétrole.» Il reste, en un mot, prudent : «Il n’y a, aujourd’hui, aucune indication sur les marchés internationaux du pétrole qui nous renseigne sur l’évolution des prix. Cette situation, autrement dit, ne permet pas de savoir aujourd’hui si les cours du pétrole vont s’orienter à la hausse ou à la baisse à court terme. Mais l’évolution future des marchés boursiers internationaux constitue une source d’inquiétude.» Ces marchés anticipent l’évolution des prix du pétrole, rappelle-t-il. Les indices des marchés boursiers internationaux sont surévalués. Ils ont connu une forte croissance en 2021 en raison des politiques économiques de relance des pays occidentaux qui ont entraîné l’injection d’énormes liquidités par les banques centrales des Etats-Unis, de l’Europe et du Japon. Aujourd’hui, les marchés boursiers ont intégré la croissance de ces économies en 2021 et 2022.
Après que les indices boursiers aient connu un pic, l’expert prévoit une tendance à la baisse dans les prochains mois, voire en 2022, sur ces marchés, ce qui pourrait faire baisser les prix du pétrole. Le spécialiste ne croit pas, en outre, à un prix du pétrole supérieur à 80 dollars comme prédit par de grandes banques internationales ni à des cours inférieurs à 55 dollars en 2022. Il est fort probable que d’ici 2022, les prix du pétrole se stabilisent dans la fourchette des 60 dollars, ajoute-t-il. Quant aux prix du gaz, il signale qu’ils ont connu une forte hausse entre 2020 et 2021. La hausse est de 640% : de 1,55 dollar à 12 dollars le million de BTU sur le marché européen. Aux Etats-Unis, le prix du gaz était de 1,48 dollar, il est passé à 4 dollars. Le marché asiatique reste le marché le plus attractif avec un prix du gaz passé à 13 dollars le million de BTU. L’Algérie, ajoute-t-il, devrait profiter de cette conjoncture favorable pour placer des quantités de gaz supplémentaires, en particulier sur le marché asiatique. Selon des sites spécialisés, les exportations gazières de l’Algérie vers l’Espagne et l’Italie sont en hausse par rapport à 2020. Espérons que cette tendance sera maintenue d’ici fin 2021 et en 2022. Selon Nourredine Leghliel, les prix du gaz vont se maintenir sur les marchés internationaux à la hausse en 2022. Ainsi, l’Algérie, en 2021-2022, comme à l’accoutumée, reste braquée sur l’évolution des prix du pétrole car son économie reste fortement dépendante de ces derniers. Des prix actuels à plus de 60 dollars lui permettront, en 2021, une augmentation des entrées en devises et, partant, de moindres pressions sur les réserves de change et sur le budget. Mais la situation financière du pays reste encore fragile. Il suffit que les prix du pétrole baissent pour assister à une chute des réserves en devises laissant planer le danger d’une extinction de ce matelas de devises.
L’Algérie face à cette sérieuse menace n’a d’autre choix que de réduire cette dépendance aux cours du brut à travers la diversification de son économie et la mise en oeuvre des réformes économiques gelées ou très partiellement appliquées. En attendant, l’après-pétrole restera le pétrole. Jusqu’à quand ? <