Hausse du nombre de chômeurs due aux effets de la Covid-19, une tendance qui risque de se poursuivre en 2021 avec le retard pris dans la mise en oeuvre des mesures complémentaires de sauvegarde des entreprises et de l’emploi et en l’absence de filet social destiné aux sans-emploi en raison de la crise sanitaire.
Dans sa note de conjoncture des deuxième et troisième trimestres 2020, qui comporte les précisions de clôture de l’année en cours, Care estime que le chômage à fin 2020 s’établira à 15%, alors que ce taux en 2018-2019 atteignait les 11-12%, soit une augmentation sensible du nombre de chômeurs due aux effet de la crise sanitaire sur l’emploi. Cette tendance de hausse du nombre des sans-emplois risque de se poursuivre en 2021 avec le retard pris dans la mise en oeuvre des mesures complémentaires de sauvegarde des entreprises et de l’emploi notamment la garantie de l’Etat pour les crédits d’exploitation nouveaux destinés à faire face aux difficultés de trésorerie des entreprises impactées par les effets de la Covid-19. Cette situation risque de précariser des centaines de milliers de travailleurs en l’absence d’un filet social, à savoir une allocation chômage pour les sans-emploi à cause des retombées de la crise sanitaire. A partir de chiffres fournis par l’Anem, Care estime le nombre de demandes d’emploi non satisfaites à environ 2 millions à fin 2020, en hausse de 200 000 environ par rapport au premier trimestre, alors que ces dernières oscillaient auparavant entre 1 et 1,5 millions. Le premier secteur impacté a été le BTP avec une baisse des offres d’emploi de 10% due au ralentissement de l’activité favorisée en particulier par l’arrêt, selon Care, de l’activité commercialisation des matériaux de construction.
Le dinar a perdu 20% de sa valeur par rapport à l’euro
A noter également l’inquiétante dépréciation du dinar durant l’année 2020 pointée du doigt par Care. Il fallait, selon cette note, 133 dinars pour un euro le premier trimestre 2020, 150 dinars au troisième trimestre, 153 dinars à fin 2020. Il suffisait de 123 dinars pour un dollar américain le premier trimestre contre 129 dinars le troisième trimestre et à fin 2020. La perte de valeur du dinar par rapport à l’euro est estimée à 16% en un an, ce qui est important. Pour Care, depuis le début de l’année, le dinar a perdu 20% de sa valeur par rapport à l’euro et près de 10% par rapport au dollar américain. Ce qui montre qu’on est bel et bien dans un processus de dévaluation du dinar qui va se poursuivre en 2021, 2022 et 2023 selon les projections de la loi de finances 2021. Selon Care, la bonne tenue des prix du pétrole au troisième trimestre et fin 2020 entre 40 et 50 dollars pourrait un tant soit peu compenser cette dépréciation du dinar. Cette perte de valeur du dinar risque, selon Care, de renchérir les importations et de diminuer les exportations et donc d’aggraver le déficit commercial à fin 2020 et en 2021. Compte tenu entre autres de cette dévaluation, l’inflation sera en hausse. Elle est estimée par Care à 3,5% à fin 2020. La loi de finances 2021 prévoit un taux d’inflation de près de 5% l’année en cours. De 2% au cours du premier, du second et du troisième trimestre 2020, selon Care, la hausse des prix connaîtra un bond vers la fin de l’année 2020 et 2021. Concernant la croissance, Care l’estime à -5,6% vers fin 2020. Pour l’année 2021, le Think Tank se réfère aux prévisions optimistes du FMI qui table sur une reprise économique l’année en cours en Algérie, une croissance de plus de 3%. La note cite les statistiques du commerce extérieur à fin septembre 2020 fournies par le ministère des Finances : 26 milliards de dollars d’importations de marchandises et 18 milliards de dollars d’exportations. Le déficit commercial s’est établi à 7,5 milliards de dollars. La baisse importante des importations en raison des restrictions administratives à l’importation et les effets de la Covid-19 (-21%) contre une diminution plus importante des exportations (32,5%) explique l’augmentation du déficit commercial à fin septembre 2020 (+36%). A noter aussi que la production de pétrole sur les 10 premiers mois de l’année a baissé de 11,4% par rapport à la même période de l’année 2019. La production pétrolière journalière de l’Algérie tourne autour de 800 000 barils/jour. n