Par Jacky NAIDJA avec Inès ILIANA
Il sera présenté dans la section Cannes Première, inaugurée en 2021, où des films de haute qualité cinématographique ont été montrés.
Après ses récents succès au cinéma, Rachid Bouchareb, célèbre réalisateur de «Hors la loi» (2011), «Indigènes» (2007), «Poussières de vie» (1996), et trois fois nominé à l’Oscar du meilleur film, revient avec «Nos frangins», son 12e long métrage. Un succès annoncé grâce à un superbe casting où Lyna Khoudri, Réda
Kateb, Raphaël Personnaz et Samir Guesmi brillent par leur talent exceptionnel.
Il s’inspire d’une affaire réelle, celle de l’histoire de Malik Oussekine, 22 ans, étudiant, victime de violences policières dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986 à Paris. Une bavure policière exercée par deux policiers voltigeurs qui l’ont roué de coups et laissé pour mort.
Evacué à l’hôpital Cochin, il n’a pas survécu à ses blessures. La vérité est que Malik Oussekine n’avait rien à voir avec les étudiants qui se sont mobilisés pour manifester contre le projet de la réforme universitaire d’Alain Devaquet, ministre de l’Education dans le gouvernement Chirac, alors Premier ministre de François Mitterrand dans la cohabitation de ces années.
Malik Oussekine, d’après l’enquête, sortait d’une soirée et se dirigeait vers son domicile. C’est là que deux policiers l’ont chopé et poursuivi jusqu’au hall d’un immeuble pour le brutaliser à mort.
C’est de cette histoire dont s’est saisi Rachid Bouchareb pour son scénario et a réalisé le film qui sera présenté à Cannes Première au cours de ce 75e festival. Un film retentissant et poignant sur une actualité encore brûlante et vivante dans la mémoire collective et dont la presse en a fait largement état.
Rachid Bouchareb est réalisateur, scénariste et producteur franco-algérien né à Paris le 1er Septembre 1954. Il commence sa carrière comme assistant de mise en scène à la Télévision française, de 1977 à 1984, tout en réalisant durant cette période plusieurs courts métrages. Ce n’est qu’en 1989 qu’une carrière de producteur s’offre à lui grâce à l’association de deux partenaires, Jean Brehat et Jean Bigot, d’où l’appellation de la maison de production créée, les 3B Production.
Rachid Bouchareb va alors réaliser plusieurs longs métrages dont «Cheb», primé au Festival de Cannes et présenté en compétition pour l’oscar du meilleur film étranger en 1991.
Son autre film «Poussières de vie» est nommé pour l’Oscar du meilleur film étranger en 1995. Puis succèdera «Little Sénégal», en 2001, présenté en sélection officielle et en compétition à la Biennale où il reçoit le prix du meilleur long métrage au 11e Festival du cinéma africain de Milan. Mais son grand succès fut «Indigènes» en lice pour la palme d’or, qui a reçu le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes pour l’ensemble de ses acteurs, Rochdy Zem, Sami Bouadjila et Djamel Debbouze. En 2006, Rachid Bouchareb est sacré par le prix Henri-Jeanson décerné par la Saced pour l’ensemble de son œuvre. Comme scénariste, il a écrit l’ensemble des scénarios de tous ses longs métrages. Ensuite, Il entame, en 2011, le tournage du 1er volet de la trilogie américaine «Just Like a Woman» puis, un 2e volet «la Voie de l’ennemi» et un 3e, «le Flic de Belleville» avec Omar Sy. Il va alors se consacrer à la réalisation d’une série télévisée «Frères d’armes» avec l’historien Pascal Blanchard présentant cinquante courtes biographies d’hommes et de femmes du monde entier ayant combattu au service de la France, notamment dans l’ancien empire colonial.
Après une carrière dense et brillante, auréolée de plusieurs récompenses pour ses films, c’est la sortie de «la Route d’Istanbul», en 2016, puis, « Nos Frangins», en 2022, son 12e et dernier film qui va le ramener au Festival de Cannes pour la 75e édition. Rachid Bouchareb est fait Chevalier de la Légion d’honneur en 2007.
En exclusivité pour Reporters, une interview du réalisateur est à paraître très prochainement où il sera question de cinéma, de carrière et de l’Algérie. n