Arrêté samedi à Tichy, Béjaia, Nordine Ait Hamouda a été présenté hier devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed à Alger, a fait savoir Maître Lahcen Touati, l’un des avocats ayant déposé plainte contre l’ex-député RCD dont le passage devant le représentant du ministère public avait été annoncé la veille par la même source.

Par Feriel Nourine
Tout comme celui du directeur de la chaîne Al Hayat TV, Habet Hannachi, esté en justice par les mêmes plaignants, et qui se trouvait, lui aussi, en garde à vue. Il n’a cependant pas été présenté devant le procureur de la République, a-t-on rapporté de source judiciaire.
Annonçant, samedi soir, sur son compte Facebook la mise en garde à vue de Ait Hamouda et de Habet, l’avocat avait, en effet, précisé «leur présentation devant le procureur de la république aura lieu aujourd’hui afin de les transférer à l’instruction».
Après l’avoir entendu, le procureur de la République a décidé de transférer le dossier de Nordine Ait Hamouda devant le juge d’instruction, ont rapporté d’autres sources en fin d’après-midi, sans apporter de détails sur cette affaire.
L’arrestation de ce dernier a eu lieu samedi par des éléments de la BRI, alors qu’il rentrait à l’hôtel après avoir animé une conférence-débat dans un café littéraire, avait alerté la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH).
Cette affaire semble avoir un lien direct avec les déclarations controversés tenus par l’interpellé le 17 juin courant, sur la chaîne Al Hayet TV à l’égard de l’Emir Abdelkader. «Tous les auteurs français le qualifient d’ami de la France. Tout le monde sait que l’Emir Abdelkader s’est rendu à la France. Tous ses enfants, ses petits-enfants et sa veuve ont reçu des pensions de la part de l’Etat français. Lui-même a reçu la légion d’Honneur de la part de l’Etat français. Tout cela suffit amplement pour savoir que l’Emir Abdelkader est un traitre», avait déclaré Nordine Ait Hamouda.
Des propos qui ont suscité une large polémique au sein de l’opinion publique nationale, mais provoqué aussi la colère de personnalités politiques et les membres de le famille de l’Emir Abddelkader qui ont annoncé leur intention de poursuivre Nordine Ait Hamouda en justice.
De son côté, le ministère de la Communication a décidé, lundi dernier, de suspendre pour une durée d’une semaine, sur proposition de l’Autorité de régulation de l’audiovisuel (Arav), la chaîne Al Hayet TV. En plus de l’Emir Abdelkader, M. Aït Hamouda, fils du colonel Amirouche, héros de la guerre d’indépendance, s’en est pris à l’ancien président Houari Boumediene, affirmant que «s’il y a un mot plus fort que traitre, donne-le-moi, car Houari Boumediene est pire qu’un traitre, je ne trouve pas les mots pour le qualifier».
La veille de son arrestation, une vidéo relayée sur les réseaux sociaux montrait le mis en cause réagir à la polémique suscitée par sa sortie sur l’Emir Abdelkader, expliquant que cette polémique ne venait pas de lui, «mais de ceux à qui ces propos n’on pas plu». n