D’un quartier à un autre de la capitale, quand bien même appartenant à la même zone géographique de distribution d’eau potable, le nouveau dispositif d’urgence mis en place diffère tant dans la durée que dans le débit.

Par Bouzid Chalabi
Ce qui nul doute témoigne de l’inefficacité du nouveau programme en vigueur depuis le 26 juin dernier, une situation que les personnes impactées par une telle inégalité n’ont pas manqué de dénoncer. Réagissant aux critiques, la Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (Seaal) a reconnu cette disparité pour laquelle elle compte trouver des solutions dans les plus brefs délais dès qu’une perturbation dans le programme de distribution est signalée.
Vendredi, le Directeur du patrimoine technique au niveau de la Seaal, Amine Hamadène, a affirmé dans un entretien à l’APS qu’il a été établi un plan d’actions en coordination avec la Direction des ressources en eau d’Alger : «Un plan d’actions et une feuille de route ont été mis en place pour veiller à la fiabilité et au suivi du programme de distribution en premier lieu et trouver des solutions immédiates dès qu’une perturbation instaurée est signalée.»
A cet effet, M. Hamadène a soutenu qu’une cellule de crise composée de cadres algériens travaille H24 7j/7 pour suivre l’évolution de la situation, accompagnée par une cellule technique composée d’ingénieurs. «Cette cellule a pour mission d’analyser, suivre la mise en œuvre des actions coordonnées avec le centre d’appel de la Seaal, remonter des informations et des réclamations, traiter les réclamations, proposer des réajustements et étudier des solutions techniques. L’objectif étant d’assurer un programme de distribution fiable», a-t-il souligné. A propos du dispositif d’urgence de distribution en vigueur depuis le 26 juin dernier, il a indiqué qu’il a été respecté à hauteur de 90%, soutenant dans ce sens : «Nous estimons que plus de 90% de la population a eu de l’eau dans les robinets selon les fréquences de distribution et créneaux communiqués.» Interrogé sur les perturbations dans l’AEP, enregistrées au niveau de certains quartiers de la capitale, où le nouveau programme n’a pu être appliqué selon la fréquence annoncée, le Directeur du patrimoine technique au niveau de la Seaal a souligné que les équipes techniques et opérationnelles de l’entreprise ont été dépêchées sur les lieux pour réaliser le diagnostic nécessaire. «Il s’avère que dans pratiquement la majorité des cas traités, ces perturbations se situent au niveau des programmes de logements où les systèmes de bâches et suppresseurs n’ont pas été réalisés ou n’ont pas encore été mis en service par les services concernés (AADL, ENPI, OPGI…)», a-t-il avancé. De ce fait, la pression de service disponible sur le réseau de la Seaal «ne permettait d’atteindre que les cinq premiers étages des immeubles (exemple des programmes de logements ville nouvelle Sidi Abdellah, cité 1000/Logts Bellevue sur Aïn Benian, Cité LPP Bendada Staouéli…)», a-t-il poursuivi.
Pour ne pas pénaliser les clients résidant au niveau de ces cités, «des ajustements sont faits au quotidien pour assurer une charge hydraulique qui permettra de faire monter l’eau aux étages supérieurs (plus de 5 étages)», a indiqué Hamadène. «Cela prend souvent plus de temps pour atteindre tous les niveaux, c’est pourquoi au niveau de certaines communes l’eau commence à couler au robinet à 6H30 au niveau des parties basses et à 9H au niveau des étages supérieurs ou parties hautes», a-t-il enfin argué. <