Par Feriel Nourine
Alors que le début d’année représente une période favorable au renouvellement massif des contrats d’assurance, le protocole d’accord multilatéral en matière d’assurance automobile, signé par des compagnies du secteur, fait de nouveau parler de lui à travers de nouvelles instructions adressées aux assureurs qui n’ont pas respecté ce document en vigueur depuis janvier 2021.
Et c’est encore l’Union algérienne des sociétés d’assurance et réassurance (UAR) qui a été chargée par l’organe régulateur du secteur des assurances, en l’occurrence la Commission de supervision des assurances, sous l’égide du ministère des Finances, de rappeler à l’ordre les compagnies d’assurance automobile ayant «transgressé» l’accord, rapporte TSA.
L’UAR leur a adressé une note à travers laquelle elle leur rappelle l’obligation de respecter cet accord qui limite à 50% les réductions sur l’assurance automobile. Initié par les compagnies 2A, Alliances assurance, AXA, Caar, Caat, Cash, Ciar, CNMA, GAM, SAA, Salama et Trust, cet accord n’a jamais été appliqué dans le strict respect de son contenu par l’ensemble de ses signataires, laissant la concurrence dans cette branche se poursuivre à travers des prix dont les réductions pouvant atteindre jusqu’à 90% dans le cadre de certaines conventions entre les compagnies et leur clientèle.
Le non-respect du document s’est d’ailleurs manifesté dès la première année de son entrée en vigueur, poussant l’UAR à réagir face à une situation préoccupante et à annoncer sa reconduction en 2022. Une démarche qui ne semble pas avoir suffi pour mettre les assureurs automobiles devant leurs responsabilités. C’est en tous les cas ce que laisse comprendre le rappel à l’ordre du ministère de tutelle, relayé par l’Union des assureurs pour obliger les assureurs à rompre réellement avec les réductions considérées comme étant exagérées. Ceci d’autant que ce type de remise sans plafonnement tolérable finit inévitablement par impacter négativement sur la trésorerie des entreprises qui le pratiquent et les empêche de tenir leurs engagements envers les assurés, créant souvent des retards cumulés dans le traitement des dossiers des sinistres, s’inquiète-t-on du côté de l’UAR. Or, l’accord multilatéral «permet de mieux organiser le marché et de mettre fin à la pratique des réductions illimitées qui engendrent des déséquilibres techniques et financiers et réduisent la capacité des sociétés d’assurance à honorer les engagements pris envers leurs assurés, notamment en termes de durée de traitement et de niveaux de remboursements des dossiers sinistres», avait expliqué la même source.
La note adressée récemment aux compagnies d’assurances automobile intervient dans une configuration de marché quasiment identique à celle de l’année dernière, lorsque le ministère avait réagi de la même façon au non-respect du protocole d’accord multilatéral signé par ces dernières.
Cette branche est bien loin de ses hautes performances financières qui avaient fait les beaux jours du secteur des assurances en réalisant un chiffre d’affaires en progression sur plusieurs années, dans un marché automobile alors en plein boom.
Ce marché ayant été fermé aux véhicules neufs depuis plus de trois années, l’assurance automobile subit les dommages collatéraux de cette situation et traverse une étape difficile, dans une tendance régressive de ses recettes qui impacte lourdement l’équilibre financier des compagnies d’assurances, publiques et privées confondues. C’est pourquoi, les opérateurs de la branche attendent, eux aussi, impatiemment le retour des importations de véhicules par des concessionnaires. n