La filière électronique-électroménager nationale risque de connaître la fermeture des usines de montage de téléviseurs, climatiseurs, cuisinières, réfrigérateurs et téléphones portables, si le ministère de l’Industrie ne libère pas rapidement l’octroi de licences d’importation CKD, ou plus simplement des kits pour le montage de produits électroménagers ou électroniques.

De manière plus précise, les 68 opérateurs touchés sont inquiets. Ils s’apprêtent à mettre en chômage le personnel de leur usine si le département de l’industrie ne débloque pas la situation immédiatement, a-t-on appris auprès d’une source sûre proche du secteur.
Contacté par Reporters, Slimane Aït Yala, P-DG de Bya Electronics, confie que sa licence d’importation CKD, d’une validité d’une année, a expiré il y a deux mois. Il a déposé sa demande de renouvellement, il y a un mois au ministère de l’Industrie et n’a pas eu de réponse jusqu’ici. «A court d’approvisionnement, je suis dans l’obligation de mettre en chômage technique prochainement les salariés de mon usine implantée à Arzew ». Quasiment même topo chez des entreprises de grande notoriété en Algérie comme Iris et Eniem. Si cette situation de non-renouvellement des licences d’importation de kits pour le montage de produits électroménagers perdure, il est clair qu’on va vers la fermeture des usines d’assemblage de produits électroniques et électroménagers, dont des fleurons de l’industrie nationale comme Iris, Condor Brandt. Avec à la clé, la perte de plus d’une dizaine de milliers d’emplois. Elle va mettre un frein à l’expansion d’une filière très dynamique qui est parvenue à exporter en 2018 pour 100 milliards de dollars et pourrait atteindre le cap de 1 milliard de dollars d’exportation dans trois à cinq ans, si le développement de cette branche est encouragé par l’Etat.
S’il est légitime pour les pouvoirs publics de vouloir diminuer la facture des kits électroménagers et électroniques, pour préserver les réserves de change, la démarche pour y arriver ne semble pas claire. Si le département de l’industrie veut instituer un nouveau cahier des charges pour encourager les fabricants qui tentent d’améliorer leur taux d’intégration, ce n’est pas en bloquant de manière brutale les importations de kits qu’on pourra faire le ménage dans cette filière.
En clair, cette branche est touchée, d’une part, par le phénomène de trafic dit SKD-CKD, ou de commercialisation de produits finis importés, présentés par de pseudo-fabricants comme produits montés sur place, c’est-à-dire «made in Algeria» et, d’autre part, par l’informel et la contrefaçon en provenance de Chine.
In fine, c’est à la Douane de contrôler ces mouvements frauduleux et de dresser une liste noire de ces fabricants. Encore faut-il que cette institution soit assainie afin de mettre un terme à ces trafics qui constituent une saignée pour le Trésor public. n