Le président de la Fédération algérienne de football (FAF), Kheireddine Zetchi, a voulu calmer le jeu avec le ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). Bien qu’il ait annoncé qu’il sera hors du jeu pour les prochaines élections pour la présidence de l’instance, le boss de la FAF opte pour la diplomatie pour rétablir le courant et trouver un « point d’intersection » avec la tutelle.

Plaidant pour ce qu’il qualifie de « révolution démocratique » pour ce qui est des nouveaux statuts qu’il compte faire adopter, Zetchi a choisi le langage sage. Surtout qu’il compte réparer les erreurs des présidents qui l’ont précédé à la tête de l’instance. Ces arguments sont censés convaincre le ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), Sid-Ali Khaldi, de lui accorder une dérogation.
En effet, la tutelle a adressé une circulaire à l’endroit des différentes structures sportives nationales pour les informer qu’il était « formellement interdit de procéder à la moindre modification dans leurs règlements intérieurs à l’approche des assemblées générales électives » faisant valoir la loi 13-05, relative à l’organisation des activités physiques et sportives et applique le décret exécutif 14-330.

Le MJS a chamboulé ses plans
Toutefois, le successeur de Mohamed Raouraoua a tenté, encore une fois et comme il a dû le faire lors des récentes entrevues (vaines il faut le souligner) avec Khaldi, d’assurer que sa démarche pour changer certains segments est conforme avec la loi de note pays. D’ailleurs, lorsque Raouf Salim Bernaoui était à aux commandes du MJS, il a pu s’entretenir avec des émissaires de la FIFA qui accompagnaient le décideur numéro 1 de la FAF en novembre dernier.
« Le ministère était garant de voir la conformité des statuts par rapport aux lois algériennes, à notre niveau on l’a fait, et même les gens de la FIFA nous ont demandé toutes les lois algériennes, et ce passage par le MJS nous donne cette garantie que les statuts proposés sont complètement conformes aux lois algériennes, c’est une démarche inclusive afin de doter la FAF de statuts qui répondent au contexte du football actuel et en conformité avec la FIFA», rappelle l’homme fort de la balle ronde en Algérie.
Pour l’instant, la décision de tout geler prise par Khaldi a chamboulé les plans de Zetchi qui a même annoncé qu’il ne sera pas parmi les postulants à sa succession. Malgré cette entrave qui brouille sa campagne, il n’a pas manqué de rester sobre en insistant sur le fait que « depuis notre arrivée à la tête de la FAF nous avons toujours entretenu d’excellentes relations avec toutes les institutions de notre pays, nos relations avec le ministère de la Jeunesse et des Sports sont des relations extrêmement cordiales et professionnelles.»

Le revirement plausible
Par la suite, le propriétaire du Paradou AC a voulu, quelque peu, s’affirmer car il sait qu’il sera, dans tous les cas, protégé par la FIFA qui interdit toute immixtion de l’Etat dans les affaires des structures qui lui sont affiliées : « Nous somme une fédération respectueuse de toutes les institutions, et notamment la tutelle à savoir le ministère de la Jeunesse et des Sports ; ceci dit, avoir d’excellentes relations avec nos institutions ne nous empêche pas de pouvoir discuter autour de certaines problématiques que ce soit par rapport aux statuts, que ça soit à la reprise du championnat », note-t-il en étant persuadé « l’échange intelligent d’idées ne peut que produire de l’intelligence et de la lumière.»
D’ailleurs, même s’il a essuyé le refus du MJS pour la révision des amendements dans son instance, le maître des lieux au siège de Dely Brahim est convaincu qu’il y a des chances pour que sa requête soit accepté : « nous sommes en discussion avec le ministère, et nous avons cette capacité en partenariat à trouver des solutions, et vous savez la FAF agit dans l’intérêt suprême de notre football, si nous devons demain donner cette suite aux statuts d’une façon réglementaire et régulière nous le ferons dans le respect de la loi de la République mais nous tenons qu’éclairer l’opinion publique que ce sont des statuts qui vont projeter la fédération vers le futur.»
Ainsi, cet optimisme peut laisser croire que Zetchi et la FAF pourraient être dispensés de cette mesure étatique veillant au bon déroulement des prochaines Assemblées générales électives fédérales. Est-ce que cela changerait quelque chose à l’envie de l’actuel décideur principal du sport roi en Algérie de se représenter ? Cela n’est pas à exclure. L’évolution de la situation est à suivre attentivement. n